L’ultimatum de l’opposition qui continue d’exiger à cor et à cri  au gouvernement de  baisser le prix du carburant à la pompe, avait expiré ce 20 mars, au moment où nous allions sous presse. A présent, les yeux de maints observateurs sont tournés vers Cellou Dalein Diallo et ses pairs, afin de savoir s’ils mettront leur menace de battre le pavé, à exécution, ou s’il s’agit simplement d’une simple velléité.

Les manifestations de rue pourraient sans doute reprendre dans les heures qui suivent dans la capitale et en province, si l’opposition mettait sa menace à exécution. Quand on sait que le gouvernement n’a pour le moment pas accédé à la demande qu’elle a formulée, par rapport à la baisse du prix du carburant à la pompe. Et il n’est pas évident que le Premier ministre Mamady Youla, qui n’a pas cédé face à la grogne syndicale, puisse reculer devant le rouleau compresseur des opposants. En tout cas, les populations suivent avec intérêt le développement de ce nouveau bras de fer, dont l’issue déterminera de la teneur du climat dans la cité, en cette année électorale.

Il faut rappeler que l’opposition républicaine a interpelé récemment  le gouvernement sur la nécessité de diminuer les prix du carburant à la pompe conformément à « ses propres engagements relatifs à la flexibilité des prix des hydrocarbures. » Dans une déclaration publiée à cet effet, les opposants  avaient estimé qu’il est « inconcevable que le prix de 8.000 FG le litre fixé lorsque le baril de pétrole était coté à 130 dollars US reste inchangé quand le même baril est à 30 dollars US, soit une baisse vertigineuse de près de 70 pour cent. »

Ajoutant que cette situation est « d’autant plus intolérable qu’un examen de la structure des prix des hydrocarbures révèle que les taxes et impôts prélevés par l’Etat représentent plus de 50% du prix à la pompe. »

Pour Aboubacar Sylla et ses pairs, « le maintien de ce prix au niveau actuel constitue donc une véritable surtaxe imposée par l’Etat au détriment du pouvoir d’achat et du bien-être des populations, le carburant étant un facteur déterminant dans la fixation des prix de la quasi-totalité des produits et des prestations qui conditionnent la qualité de vie. »

C’est compte tenu du fait que l’opposition républicaine dit avoir  « plus de légitimité » à exiger du gouvernement la baisse du prix homologué des produits pétroliers que les syndicats eux-mêmes qui viennent d’appeler à une grève générale et illimitée, qu’elle a brandi cette menace.

Toujours dans sa déclaration, l’opposition est arrivée à la conclusion qu’en refusant « toute concession sur la réduction des prix des hydrocarbures et en procédant insidieusement à une reforme fiscale qui l’a conduit à augmenter la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et à procéder à la taxation de produits de première nécessité auparavant exonérés, le Gouvernement a décidé de faire payer par les citoyens guinéens, la facture de sa malgouvernance. »

Une attitude qu’elle déplore. Tout en menaçant de recourir à la rue à travers des manifestations, si le prix du carburant n’était pas revu à la baisse, au plus tard le 20 mars, l’opposition avait invité le Peuple de Guinée à rester mobilisé pour « la défense de ses droits imprescriptibles à la justice, à la Démocratie et au bien-être. »

Face à la menace proférée par  l’opposition, au moment où nous allions sous presse,  certains habitants de la capitale, qui gardent de mauvais souvenirs des manifestations précédentes organisées par les opposants, commençaient à s’en inquiéter.

Des manifestations qui se sont surtout illustrées par leur caractère violent, il faut le rappeler. Ainsi, à titre illustratif,  plus de 60 militants de l’opposition ont perdu la vie durant les marches et autres meetings, qui ont dégénéré en affrontements entre  les forces de l’ordre et les opposants, depuis l’avènement d’Alpha Condé au pouvoir en décembre 2010.

Aliou Sow in Le Démocrate, partenaire de guinee7.com

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