L’opposition républicaine réunie au quartier général de l’UFDG  a annoncé  lundi dernier, le report de sa manifestation initialement prévue pour le 4  août, pour le 10 août. Les opposants justifient cette décision par l’absence du chef de l’Etat, qui serait en tournée en Asie du sud. En ayant opté pour l’épreuve de force, face à l’indifférence du pouvoir de faire face à leurs revendications, Cellou Dalein Diallo et ses pairs jouent à quitte ou double, avec ces actions de désobéissance civile, qu’ils sont condamnés de réussir en termes de mobilisation.

 Les partis politiques  membres de l’opposition républicaine ont décidé de revoir leur calendrier portant sur le démarrage de leurs manifestations de rue, qu’ils ont fixé au 10 août au lieu du 4, comme initialement annoncé. C’était lors d’une réunion qui s’est déroulée le lundi dernier au quartier général de l’UFDG. « Nous avons adressé, il y a exactement une semaine jour pour jour un courrier au ministre de l’Administration et du territoire à sa demande d’ailleurs pour lui dire que nous sommes prêts à aller au dialogue et pour lui indiquer quels sont les points d’ordre du jour que nous souhaitons, voire instruit au niveau du programme de ce dialogue», a indiqué Monsieur Aboubacar Sylla, le porte-parole de l’opposition, au sortir de cette plénière, dans son compte-rendu, devant les médias.

«  Nous avons également indiqué  le cadre de dialogue souhaité ainsi que la nature du présidium qu’on voudrait voir diriger ce dialogue. Mais depuis le 25Juillet dernier, nous n’avons absolument aucune réponse. Cela veut dire que par-delà les discours qui sont tenus dans les médias par la mouvance présidentielle, par ce gouvernement, il y a en réalité aucune volonté politique réelle d’aller à un dialogue avec l’opposition», a déploré M. Sylla. Celui-ci dira ensuite que «  le gouvernement a choisi l’épreuve de  force avec l’opposition et refuse donc en s’abstenant de réagir à notre courrier.» Il a regretté donc que le pouvoir refuse de débattre autour d’une table de négociation, « des sujets divergents entre eux et les opposants».  Parlant des meetings organisés dans les communes de la capitale, Aboubacar Sylla a donné les raisons. « Nous avons décidé de précéder notre manifestation d’une série de meetings à travers la capitale Conakry.  Nous avons fait des meetings à Gbéssia port, à Lansanaya, à Bonfi, à Matoto, à Hafia, à Dixinn. Vous avez vu ce qui s’est passé hier (dimanche 31 juillet, ndlr) à Kaloum, lorsque nous avons simplement tenté d’aller participer à l’assemblée générale de la fédération de l’UFDG de Kaloum. Tout ceci veut dire simplement que ce pouvoir a décidé de briser complètement les libertés et les droits  des citoyens qui sont garantis par notre Constitution et par nos lois. Il a donc choisi encore une fois l’épreuve de force au lieu du dialogue», selon le porte-parole de l’opposition.

« Nous avons ensuite abordé l’état de préparation de la manifestation qui est projetée donc le 10 août, c’est à dire mercredi prochain. Nous avons fait le constat que le professeur Alpha étant absent du pays, l’opportunité de tenir donc la manifestation à son absence alors que c’est lui qui est le destinateur de cette manifestation. C’est lui le professeur Alpha Condé qui représente l’institution présidentielle et c’est la malgouvernance qu’il a mise en place  dans ce pays,  qui est à la base de cette situation désastreuses dans laquelle se trouve le pays, qui est à la base de cette misère généralisée, ses réseaux de  corruptions et de détournement qui sont en train de faire tant de mal à   ce pays», a martelé  Aboubacar Sylla.

L’opposant a aussi effleuré dans son intervention le cas des contremanifestants qui seraient en préparation pour infiltrer leurs manifestations.

« Il y a des contremanifestants qui sont déjà recrutés comme par le passé et qui ont reçu beaucoup d’argent pour infiltrer la marche de l’opposition, pour empêcher l’exercice d’un droit qui est constitutionnelle, celui de faire une marche pacifique », a accusé le président de l’UFC.

Il a fait une révélation de taille, en parlant « d’escadrons de la mort », qui seraient aussi en train  d’être constitués pour « s’attaquer aux leaders politiques voire même attenté éventuellement à leurs vies.» Une situation qui rappelle un peu ce qui s’était passé en Côte d’Ivoire, sous le règne de Laurent Gbagbo.

Pour finir Aboubacar Sylla a invité leurs militants d’être prêts et qu’il ne sera pas question de reculer. « Nous nous adressons également à tous les citoyens guinéens qui sont épris de justice, de démocratie de bien être, de s’associer à nous et de faire en sorte que notre pays change dans le bon sens. Il n’y a pas une fatalité de misère dans ce pays. Il y a simplement des personnes qui constituent la malédiction de ce pays », a-t-il conclu.

Maintenant que les opposants sont déterminés à en découdre avec le pouvoir, il leur reviendra de démontrer qu’ils disposent encore d’argument en termes de mobilisation. Car leurs détracteurs prédisent des échecs pour les manifestations à venir. C’est le lieu de dire que face donc au peuple de Guinée, l’opposition joue à quitte ou double.

Alpha Amadou et Binta 

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