Pour une question d’égos, les leaders de l’opposition guinéenne réunis au sein du FNDC ont refusé d’accepter l’itinéraire de leur marche proposé par l’Etat. Conséquences ? La manifestation dispersée, trois morts selon l’opposition, un, selon le gouvernement. Sans compter des dégâts matériels importants dont la destruction des biens publics.

Selon des journalistes présents sur le terrain (la vidéo ci-dessous en fait foi), des forces de l’ordre massées sous le pont de Gbessia Kondébounyi pour empêcher des manifestants de suivre l’itinéraire interdit ont fait l’objet de provocation de la part des manifestants. Et pourtant le 5 novembre dernier, dans une déclaration, les Missions du Système des Nations Unies, de la Délégation de l’Union européenne, des Etats-Unis et de la France en République de Guinée invitaient ‘‘toutes les parties à la retenue’’, tout en condamnant ‘‘l’usage de la violence et tout acte de provocation, quels qu’en soient les auteurs’’.

Tenez-vous-le pour dit : La violence dans les manifestations en Guinée émane toujours des actes de provocation qui, cette fois-ci, sont partis de la volonté des leaders de braver l’interdit. Des leaders qui, dès qu’on dégoupille les premières bombes lacrymogènes, prennent leurs jambes au coup, abandonnant des militants chauffés à blanc la veille. Ces manifestations se terminent le plus souvent dans des scènes de guérilla qui, à leur tour, se soldent par des cas de morts de jeunes gens dans des situations jamais élucidées. Le pouvoir qui accuse des membres de l’opposition d’être armés lui rejette la responsabilité. Et vice versa. L’opposition remet à jour sa comptabilité macabre pour l’exposer à la communauté internationale.

La question : allons-nous continuer à sacrifier à sacrifier notre jeunesse sur l’autel d’une simple campagne de dénigrement d’un régime qui, somme toute, est élu démocratiquement ?

Pour tout dire, rien ne justifie la mort des jeunes qui le plus souvent sont issus des familles modestes. Rien ne justifie la violence envers les forces de l’ordre auxquelles on demande beaucoup. Rien non plus ne justifie ces entraves répétitives au travail, à la liberté de circulation.

Enfin, soutenir l’actuelle constitution est un droit, mais occuper de manière permanente l’espace public avec à la clé des violences pour dénoncer un fait qui pour le moment n’existe pas (un 3ème mandat pour Alpha Condé) est sans doute, une aberration.

Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com

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