Cette génération du football guinéen ne le connait pas. Maxime a fait ses débuts à l’université club de Conakry avec les Alias Camara « m’a trahi », Thiam Ousmane Tolo, Pégris, Poliacob… des noms bizarres comme ça ne disent plus rien, mais lors des rencontres au sommet entre la Santé, l’ENAM et l’Université de Conakry, c’était plus enlevé que ce qu’on voit actuellement comme affiches au sommet de notre football décadent. Il fait partie de la génération qui a devancé les Espoirs de Guinée, qui elle, fera l’ossature du grand Hafia FC de Conakry. Maxime n’a été qu’une seule fois champion d’Afrique en 1972.

Son style de jeu avait quelque chose de particulier, de spécifique, de singulier et qui lui était propre. On connait un tas de types qui ont pris ce pseudonyme par admiration pour lui. Amdaou Djouldé Diallo, le journaliste sportif en est un…

Maxime a fait mordre la poussière à un tas de défenseurs, auxquels, avant chaque match, les staffs techniques rabâchaient des consignes. Le quartier de Lanséboundj avait deux défenseurs réputés comme les plus rugueux du 5ème arrondissement, qui sera plus tard l’ossature du Horoya FC (le 3ème arrondissement sera celle de l’ASK et le 6ème arrondissement sera l’ossature du Hafia FC.)

Une autre particularité de Maxime : un garde du corps qui le marquait à la culotte, qui le ceinturait, qui lui tirait le maillot, Maxime avait trouvé des feintes de corps déroutantes, laissant le ballon sur place et filait de l’avant suivi inévitablement de son ange gardien « mis dans le vent ». Quand un  joueur est rapide, les défenseurs anticipent, lui, Max, savait en profiter pour soulever des ovations du public, et cela faisait perdre les pédales à tous les défenseurs qui avaient la malchance d’être sur son côte. On nous dit que Santana de Kankan en avait vu de toutes les couleurs.

Un autre style de jeu de « Max », il avait un port de balle admirable d’élégance, de vitesse et de précision sur le long de la ligne de touche, si bien qu’une quelconque intervention adverse se solde toujours par une touche en sa faveur. Quant à vouloir l’esquinter, beaucoup se sont fait plus mal encore,

Les souvenirs visuels impérissables qu’on garde de Maxime est ce but contre la Côte d’Ivoire, en 1970, en pleine guerre froide entre Sékou Touré et Houphouët Boigny, quelques mois après la Coupe d’Afrique des nations de Khartoum, où Laurent Pokou fut sacré meilleur buteur et avant-centre d’Afrique et Maxime, le meilleur ailier gauche du continent. On nous disait, à l’époque, que les jeunesses de Guinée et de Côte d’Ivoire avaient solliciter cette rencontre, mais on n’en sait pas plus. Peut-être que Cheick Fantamady Condé pourrait donner plus de précisions… On entend encore la voix de stentor de Boubacar Kanté dans les haut-parleurs du Stade du 28 Septembre, et les ovations pour les deux nommés.

Qu’à cela ne tienne, cette vision ne vaut pas le but que Maxime avait marqué ce jour-là : Pour ceux qui se rappellent le but du RD-Congolais Ellie Mecha en finale du CHAN de Kigali, sur le flanc gauche. A la différence marquante que Mecha était un droitier pour envelopper sa balle lobée, tandis que le but de Maxime était d’une frappe franche et foudroyante du plat du pied, qui a passé devant le gardien ivoirien à l’angle qu’il avait fermé, au premier poteau. Le spectacle était que le portier ivoirien avait tenté la parade une fraction de seconde tardivement pour laisser la balle ricocher sous la transversale avant de heurter le filet. Le dernier but de Maxime, non accordé pour hors-jeu de Petit Sory (il faut noter qu’à l’époque, les lois et règlements étaient autres), ce fut également son dernier match avec le Hafia et le Syli National, en 1974, contre les Léopards de Douala : une balle frappée toujours de la même manière, des 35 mètres et qui avait lobé le gardien camerounais sur sa ligne. Extraordinaire !

La dernière spécificité fut incontestablement son élégance sur le terrain, balle au pied. De ce point de vue des vieux yeux, il n’y avait que Maradona, pour le concurrencer. Et il se trouve qu’il sont tous gauchers, mais de styles différents. Pour Max, technique, finesse et élégance, pour Maradona, technique, force des bras et élégance. Et on n’a pas tout dit sur le joueur, puisqu’on ne le peut pas.

Nos condoléances aux admirateurs et mordus du vrai et authentique football guinéen et aux familles et amis du défunt. Après nous avoir éblouis moins d’une dizaine d’années, Maxime s’est enfin éteint après à peu près le même nombre d’années. Une étoile s’est éteinte. Ainsi va la vie.

Moïse Sidibé pour guinee7.com

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