Face à l’horreur avec laquelle Elhadj Ahmadou Oury Diallo a été trucidé, la conscience humaine ne peut que s’émouvoir. En attendant les résultats de l’enquête, cet assassinat fait couler beaucoup d’encre et de salive avec des interprétations tendancieuses à même de soulever l’indignation générale. Elhadj Ahmadou Oury Diallo, vice-président de la Fédération des boulangers et pâtissiers de Guinée a été assassiné par des inconnus armés dans la nuit du lundi 15 septembre 2014 dans le quartier Cimenterie. C’est le constat que ferait une personne qui n’est pas politiquement alignée. Pour les autres, Elhadj Ahmadou Oury Diallo, président de la section motard de l’UFDG a été assassiné par des militaires du pouvoir qui l’avaient pris pour cible. Chacun, selon sa perception du meurtre d’Elhadj Ahmadou Oury Diallo y va de son commentaire. Le plus grave dans cela, c’est que la piste d’un règlement de comptes aux relents mafiosistes est écartée. Sans attendre les conclusions de l’enquête en cours, certains ont vite conclu qu’il s’agit d’un assassinat politique. Quel intérêt, dans la situation actuelle du pays le pouvoir aurait-il de tuer un militant de premier plan de l’UFDG ?

Que dire des insinuations perfides, des mensonges à ciel ouvert et des comportements bizarroïdes qui mis bout-à-bout ont fait monter la fièvre chez tous les marginaux qui rêvent de «bouffer» du Alpha Condé. Que dire de ces tracts, appelant au soulèvement contre le pouvoir, de ces conciliabules de conspirateurs de bas étages et j’en passe dont le seul objectif est de politiser le dossier, de le sortir du prétoire et de le confier aux nécrophages de tous ordres qui foisonnent dans le pays depuis les événements du 28 septembre ?

Que cet assassinat dont on ne connait pour le moment les tenants et les aboutissants donne lieu à cette cabale médiatique qui a été montée dans un contexte politique volatile ne peut s’expliquer que par la volonté de ces milieux bien connus d’apporter du grain à moudre aux détracteurs de tous bords du pouvoir actuel qui, soit dit en passant, se réduisaient dangereusement comme peau de chagrin. De ce qui apparaît comme un fait divers tragique, on a voulu faire une affaire d’Etat pour mettre «à bas» l’Etat républicain (souvenez-vous des appels au soulèvement populaire lancés depuis Chicago et çà et là).

La vérité rougit les yeux mais ne les crèvent pas, et, les vrais défenseurs du boulanger devraient savoir raison garder jusqu’à la conclusion de la procédure judiciaire. Car, l’assassinat du boulanger intervient quelques jours après qu’un réseau de trafiquants de farine avariée a été pris en flagrant délit, dans la nuit du mercredi 10 à jeudi 11 septembre dernier, au quartier Matam-Centre à Conakry, par le secrétariat général de la lutte contre la drogue et le crime organisé. Boulanger rime bien avec farine et des surprises pourraient sortir de là. Car quels liens  y a-t-il entre le commerçant Lamine Diallo qui gère ce magasin de farine avariée et Ahmadou Oury Diallo, vice-président de la Fédération des boulangers et pâtissiers de Guinée ? Bref toutes les pistes sont abordables.

Laissons donc la justice conduire le dossier, et attendons sereinement la manifestation de la vérité qui en surprendra certainement plus d’un.

C’est connu, la pression sur la justice est très mauvaise pour la bonne conduite des dossiers judiciaires. Elle l’oblige souvent à «vouloir dire le droit», pour satisfaire tel ou tel camp afin de «se débarrasser» du dossier et avoir la paix». Conséquence, des erreurs judicaires sont souvent constatées lorsqu’il ya des pressions venant surtout de la rue ou des tenants d’un pouvoir (économique, politique…). Or, la mort du boulanger réveille les vieux démons puisque, des voix se sont levées pour exiger manu-militari la justice et la vérité. Dans un tel contexte, inutile de dire que la justice qui a besoin de lucidité pour travailler se retrouve sous la pression de la rue, qui, généralement, a déjà son coupable. Maintenant et in fine le tout serait de savoir si c’est Ahmadou Oury, vice-président des boulangers qui a été tué ou si c’est Ahmadou Oury, président de la section motard de l’UFDG.

 

Bakary Koné

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