Dans une interview qu’il a accordée  à notre reporter Mouctar Paraya qui doit se produire  en Gambie les 14 et 15 décembre prochains parle entre autres de ces deux concerts, de son absence sur la scène musicale, de son combat pour que la paix soit une réalité en Guinée.

Guinee7.com : Mouctar Paraya, vous allez en Gambie ?

Ce sont  les ressortissants guinéens en Gambie qui m’ont invité pour deux concerts à Djoko au Centre-ville. Ce n’est pas la première fois que je m’y rende et à chaque fois, ça s’est bien passé.

Mouctar Paraya : Depuis quelques temps, on ne vous voit pas sur la scène, qu’est-ce qui se passe ?

En fait, cela est dû au simple fait que j’ai réussi à former des jeunes qu’il fallait lancer. Je leur ai laissé le terrain pour qu’ils puissent se faire connaitre et pour qu’ils puissent aussi avoir un maximum pour faire face à la vie. Parmi ces artistes, il y a Thierno Mamadou, Rica. D’ailleurs, Rica a été mon premier élève. C’est après Rica que Thierno Mamadou est venu.

Quelles sont vos relations avec votre ministère de tutelle, vous les artistes qui êtes à l’intérieur du pays ?

Je me demande, est-ce que ces relations existent ? Pour moi,  ces relations n’existent que de nom. En d’autres termes, même ceux qui vivent dans la capitale ne reçoivent rien du ministère de la Culture. Au temps du régime de Sékou Touré, les orchestres étaient dotés d’instruments. C’est pourquoi en ce temps la Guinée était première dans tous les domaines.  Que ce soit le théâtre ou les ballets (Ballets africains, Djoliba). C’est grâce à ses grandes troupes qu’aujourd’hui assez de monde tape dans le tam- tam. Les pays voisins s’inspiraient de la Guinée. Qui n’a pas aimé cette mélodie guinéenne ? C’est pourquoi, ça me fait mal de voir des artistes guinéens imiter les coupés décalés. Les Ivoiriens ont créé, le Sénégal n’a pas changé.

Certaines mauvaises langues indiquent que c’est parce que ça galère à Labé que vous êtes fréquents à Conakry ces derniers temps?

Ce sont des histoires. C’est parce que ma maman vit à Conakry que j’y suis fréquent. Je ne galère pas à Labé parce que je suis sollicité. Les gens m’adorent. Je vais jusque dans les hameaux pour jouer. Je suis resté le même durant toutes ces années. Une anecdote, dans certains villages, lorsque les jeunes décident d’inviter un artiste, les vieux refusent, s’ils disent que c’est Mick Paraya, ils acceptent.

Un message ?

Nous, on chante pour qu’il y ait toujours la paix dans notre pays. La dernière chanson que j’ai réalisée s’intitule: ‘‘parole de paix’’. C’est pour ça que je demanderai à tous les acteurs de penser beaucoup aux artistes qui contribuent beaucoup pour la paix.

Propos  recueillis par El. Mohamed Diallo