C’est un scandale financier qui se passe au sein de la Micro banque de croissance communautaire (MC2) de Labé.

Il y a quelques années, le président de la République, Alpha Condé, à travers un projet, a accompagné  l’autonomisation des jeunes et des femmes du pays, via la création des MC2 (Micro banque de croissance communautaire) et des MUFFA (Mutuelle Financière des Femmes Africaines) dans les différentes préfectures et sous-préfectures de la Guinée. Près de 5 ans après, contrairement à la MUFFA qui, malgré les bisbilles internes fonctionne tant bien que mal, la MC2 de Labé n’a jusqu’à présent pas fonctionné et mieux, la mutuelle reste débitrice  de plus de trois cent millions de francs guinéens de son compte bancaire logé à AFRILAND FIRST BANK.

C’est une révélation que vient de nous faire l’actuel président du conseil d’administration de la MC2 de Labé. Dans un entretien qu’il nous a accordé, Ibrahima Sory Bandian a donné les raisons qui font que rien n’a bougé au sein de la mutuelle de Labé. Il s’interroge aussi sur la disparition de plus de trois cent millions de francs guinéens dans le compte de la mutuelle « En juin 2019, lors de la réception du président Alpha Condé à Labé, les bureaux avaient été déplacés du quartier Paraya pour Konkola, le président a visité les locaux, il avait exprimé sa déception face à la MC2 de Labé qui n’a pas du tout fonctionné et a félicité la MUFFA qui elle, avait un peu travaillé. Sur place le chef de l’Etat a offert à la MC2 500 millions de francs guinéens et un milliard à la MUFFA, et il avait précisé que c’était avec effet immédiat. En plus du don du président de la République, le directeur général de l’AFRILAND BANK a également offert 200 millions à la MC2. Donc tout Labé était au courant de cette somme de 700 millions et que la mutuelle devrait aussitôt fonctionner. Il y a eu une nouvelle équipe dirigeante qui a été mise en place et dont j’ai eu l’honneur d’être le président du conseil d’administration. Sur fonds propres, j’ai acheté des équipements pour les bureaux (climatiseurs, chaises, ordinateurs), mais le serveur principal où se trouvaient toutes les données des cotisations avec l’ancienne équipe ne m’a jamais été remis. Parce qu’il n’y a jamais eu de passation de service, il y a même un coffre-fort qui est là-bas dont nous n’avons jamais reçu les clés. Donc nous avons recommencé les cotisations, il y a des mutualistes qui ont versé de l’argent sur le compte de la mutuelle. Je me suis rendu à la banque pour vérifier le niveau d’évolution des cotisations, c’est là qu’on m’a dit, que nous étions débiteur de plus de 300 millions. J’ai répliqué en disant qu’on n’a même pas commencé de travailler et on me parle de débit. Je me suis rendu aussitôt chez le préfet pour le lui dire. Il nous a tous convoqués mais comme il ne voyait rien de clair, il m’a demandé de surseoir à tout financement en attendant de voir quelque chose de clair dans cette affaire. Depuis, c’est silence radio. Donc il faudrait que la jeunesse de Labé sache que nous n’avons pas reçu l’argent annoncé par le président de la république et que plus de 300 millions de francs guinéens sont sortis de la banque en son nom », nous a longuement expliqué M. Bandian qui persiste que le seul moyen pour voir les traces de cette somme d’argent, c’est le serveur de la mutuelle qui reste introuvable.

Pendant notre entretien, sans dire de nom, Ibrahima Sory Bandian pointe du doigt l’ancienne équipe dirigée par Aboubacar Siddy Keita, ancien président du Conseil d’administration de la MC2 qui se trouve être le protégé du préfet de Labé, Elhadj Safioulahi Bah.

Pour vérifier si effectivement le compte de la MC2 est débiteur, nous nous sommes rendus à l’agence  d’AFRILAND FIRST BANK, où, la direction locale nous a demandé de lui adresser une demande pour qu’à son tour, elle remonte la demande à sa direction générale pour obtenir l’autorisation de fournir les informations liées au compte de la MC2 de Labé.

En attendant de trouver le véritable coupable dans cette affaire, les jeunes de Labé, pour une énième fois voient un autre projet se volatiliser par des prédateurs.

Sam Samoura pour Guinee7.com         

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