Après de nombreuses tractations, Mohamed Béavogui, 68 ans, fonctionnaire international, qui avait du mal à faire l’unanimité au sein de la junte, a été finalement nommé par celle-ci, ce mercredi soir, premier ministre de la transition. Cet ancien cadre de la FAO [Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture] est, depuis janvier 2015, le directeur général de l’Agence africaine de renforcement des capacités basée à Johannesburg (Afrique du Sud).

Mohamed Béavogui a, par le passé, raté deux occasions d’être premier ministre en Guinée. Le premier rendez-vous raté : En 2007, après de grands mouvements sociaux, quatre noms furent proposés à Lansana Conté pour le poste de premier ministre par les syndicats et la société civile. Parmi ces noms, un seul faisait l’unanimité tant au niveau des syndicats que de la société civile : Mohamed Béavogui. A la fin, le président Lansana Conté choisira Lansana Kouyaté.

Ensuite, peu de Guinéens savent qu’entre les deux tours en 2010, la région forestière en signant le deal politique avec Alpha Condé avait proposé sur sa shortlist de premiers ministrables en cas de victoire, un certain Mohamed Béavogui dont le père était un militant du parti d’Alpha Condé. Mais celui-ci après sa victoire, tourna casaque et donna la primature à… la Basse Guinée !

L’année 2021 est donc la bonne pour le neveu de Diallo Telli (premier secrétaire général de l’OUA). La junte compte certainement sur son carnet d’adresses pour se donner une certaine légitimité à l’international, il est aussi une sorte de concentré ethnico-régional, un calcul politicien donc. Son défaut est sans nul doute d’être trop convenant, jugent certains. Et la Primature a besoin d’un homme qui a la niaque. Pas d’un autre Kabinet Komara, premier ministre de la junte dirigée par Dadis Camara.

Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com