Dans une déclaration que nous avons reçue, hier dimanche, la cellule de lutte contre la corruption de la Maison des Associations et ONG de Guinée (MAOG), s’est exprimée sur le présumé détournement de 20 millions d’euros, dont est accusée la ministre de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Zénab Dramé.

La société civile guinéenne  à travers la Maison des Associations et ONG de Guinée constate depuis quelques jours  que la  Guinée ploie sous le poids du fait de corruption portant sur plus de 200 milliards de francs guinéens au préjudice du peuple de Guinée.

Au cœur de ce présumé coulage financier se trouve la ministre  de l’Enseignement Technique et de la Formation professionnelle, Mme Djenab DRAME.

Nous relevons que cette affaire rocambolesque intervient au moment où le Président de la République, le Professeur Alpha CONDE, prône la lutte contre la corruption comme son cheval de bataille pour rendre gorge à tout agent public qui retient sciemment et indûment, à son profit ou au profit d’une autre  personne ou entité, tout bien public  ou fonds public, qui  lui a été remis soit en vertu d’un contrat soit en raison de ses fonctions.

La Maison des Associations et ONG de Guinée note  en outre que le Gouvernement de la République ne semble pas s’inscrire en droite ligne de ce nouveau pacte républicain vanté par le Président de la République sous le sceau ‘’ Gouverner autrement’’.

La Maison des Associations et ONG de Guinée observe que cette volonté politique de ‘’Gouverner autrement’’ semble être dangereusement compromise par le communiqué du Gouvernement du  jeudi 26 Novembre 2020 devenant ainsi Procureur, juge audiencier, partie civile, et objecteur de conscience. Tout en tentant de discréditer la source de cette information et en indiquant la procédure à suivre.

La société civile guinéenne craint  que le décret du 13 novembre 2020 sur le formulaire de déclaration sur  le patrimoine ne soit pas  un moyen efficace de jauger  l’effectivité et la véracité de la

déclaration des biens des agents publics  avant la prise de fonction et après cessation de celles-ci conformément à l’article 36 de la Constitution.

La société civile guinéenne à travers Maison des Associations et ONG de Guinée doute  que  la ratification par la Guinée de la Charte Africaine sur les valeurs et les principes du service public et de l’Administration ainsi que la  Loi L/2017/041/du 04 juillet 2017 portant prévention,  détection et répression de la corruption et des infractions assimilées,   connaissent  un ancrage institutionnel en République de Guinée.

Forte de ces constats et consciente des enjeux liés à cette affaire rocambolesque, la Société civile guinéenne à travers Maison des Associations et ONG de Guinée, recommande :

Au Président de la République de :

  • Traduire en acte concret sa volonté de ‘’Gouverner la Guinée autrement’’ ;-
  • Veiller au respect du principe de séparation des pouvoirs conformément à la Constitution ;
  • Mettre la mise en cause face à sa responsabilité  dans le cadre du principe de confrontation et recoupement des sources d’informations devant une Commission d’enquête indépendante ;
  • Mettre en place la Haute cour de Justice

Au Gouvernement de :

  • Retirer le communiqué en date du 26 novembre 2020 relatif à la prétendue solidarité gouvernementale ;
  • Soutenir la volonté du Président de la République de ‘’Gouverner autrement la Guinée’’  à travers les actes concrets  et non au bout des lèvres  sur ce dossier;
  • Ne pas faire injonction aux autres  institutions  constitutionnelles ;
  • Eviter la complaisance et le copinage dans la gestion des affaires publiques ;
  • S’abstenir de toute initiative dans les cas avérés ou non de corruption en dehors du Conseil des ministres ;

Au Parlement de 

  • Diligenter la mise en place d’une Commission  d’enquête en vue de passer au scanner ce soupçon de détournement au préjudice du peuple ;
  • Anticiper leur rôle de contrôle de l’action gouvernementale

A la société civile de :

  • Mener un audit social dans ce dossier dans le cadre du contrôle citoyen de l’action publique;
  • Se constituer  partie civile dans ce détournement de fonds publics de plus de 200 milliards de francs guinéens ;

Aux partenaires de :

  • Soutenir les initiatives de la Société Civile Guinéenne à travers Maison des Associations et ONG de Guinée pour la promotion de la bonne gouvernance,  la transparence et  la lutte contre la corruption en Guinée.                                                                                                                                                               

La Société Civile Guinéenne à travers la Maison des Associations et ONG de Guinée promet de dénouer ce nœud gordien dans son souci de jouer son rôle de sentinelle de la transparence et de la  reddition de compte public  dans la gestion des services publics en privilégiant des recours et moyens conventionnels en la matière dans leur dessein de traquer et bouter  la corruption et pratiques assimilées  hors de l’administration centrale et de personnes de droit privé dans le cadre de leur mission de service public. 

                Conakry le 30 Novembre 2020

                                                                                                 Signée:

                                                                    Cellule de Lutte contre la corruption

                                                    de la Maison des Associations et ONG de GUINEE