L’enseignement principal qu’il faut sans nul doute tirer du dernier remaniement ministériel, est que le président Alpha Condé tient à rempiler à la tête du pays. Et pour y arriver, il compte surtout sur les « Condéistes » (la plupart de jeunes pousses) plutôt que sur les « RPGistes ». La différence entre les deux est, le plus souvent, moins marquée ; mais règne en filigrane!

Récompenser les fidèles parmi les plus fidèles à travers leurs progénitures (Hawa Béavogui), ou leurs gendres (Said Oumar Koulibaly) ou encore leurs disciples (Me Mory Doumbouya) ; non sans oublier le plus fidèle des alliés politiques (Cheick Oumar Diallo), a été la pincée de sel qui a donné l’agréable goût à la sauce servie à seulement moins de quatre mois avant la prochaine présidentielle. C’est justement ce timing qui fait dire à de nombreux observateurs que le vieux tient à briguer la prochaine présidentielle. Autrement, il aurait gardé intact le gouvernement…

Alpha Condé a, de toutes façons, une équipe renouvelée, dotée d’un second souffle pour lui mettre d’affronter la cruciale prochaine présidentielle.

Mais au-delà de ce mandat politique, n’est-ce pas intéressant de fixer la loupe sur des défis qui attendent certains ministres entrants ?

1-Ministère de la Justice, garde des Sceaux.

Beaucoup d’Hommes en robe noire, à vision corporatiste, ont jubilé quand Mory Doumbouya, avocat, a été nommé ministre de la Justice, garde des Sceaux. Sans tenir compte qu’il ne fera que conduire « la politique pénale déterminée par le Gouvernement et veiller à la cohérence de son application sur le territoire de la République ». La question : lui, l’avocat qui ne sait que défendre un camp contre un autre pourra-t-il se mettre au-dessus de la mêlée pour faire appliquer cette politique sans laisser passer des abus dont sont champions les Etats ?

2-Ministère des Postes, des Télécommunications et de l’Economie numérique.

Saïd Oumar Koulibaly, le « bling-bling », gendre d’un ponte du régime, est souvent récompensé pour des actes… non posés ! Si à la direction générale adjointe de l’ARPT (Autorité de Régulation des Postes et Télécommunication), il était difficile de l’évaluer ; il n’a cependant pas pu sortir la Sotelgui (Guinée Télécom), l’opérateur historique de la téléphonie en Guinée, du trou, en tant que directeur général, quand il a été bombardé directeur général de la Guilab (Guinéenne de Large bande) pourtant tenue à l’époque avec maestria par Mohamed Diallo. Un peu plus d’un an après, voici notre « veinard », propulsé telle une météorite à la tête du département des Télécommunications et de l’Economie numérique. Tiendra-t-on compte cette fois-ci des actes posés pour le juger ?  En tout cas le défi de réussir, entre autres, à rendre internet plus performant et moins couteux ; et celui de réveiller la « Sotelgui », l’attendent.   

3-Ministère de l’Energie

Venant du ministère de l’Economie et des Finances, Madame Bountouraby Yattara, sait mieux que quiconque que le secteur de l’énergie est un gouffre financier. Il est devenu comme un grand marché commercial où les acteurs se servent à volonté. Sans le plus souvent passer à la caisse ! Le grand défi à relever ici est absolument donner le courant électrique aux Guinéens. Et ceci passe inéluctablement par la rigueur de gestion qu’il faut imposer à EDG. Et à tous les autres acteurs.   

4-Ministère de l’Education nationale et de l’alphabétisation

Les différentes grèves du système éducatif, ces derniers temps, ont mis en exergue le bas niveau de nos enseignants. On a découvert, stupéfaits, que ceux qui sont chargés d’enseigner et d’éduquer nos enfants à l’école n’étaient pas des modèles tant sur le plan académique que social. Dr Alpha Amadou Bano Barry, est donc chargé de réorganiser ce secteur vital, devenu fourre-tout tiré chaque jour vers le bas.

Pour guinee7.com