Telle une scène de reportage, sortir d’un couloir pour rejoindre un pupitre et faire dos, après le discours, n’est certainement pas le côté qui a le moins marché dans les vœux de nouvel an du colonel Mamadi Doumbouya. Ci-dessous une petite autopsie de ce discours.

La forme. Des bouts de phrases juxtaposées posent un énorme souci de cohérence de ce discours qui en réalité semble être une sorte de bouillabaisse faite de petites belles phrases et de propos chocs piqués çà et là pour impressionner. Et non pour communiquer. Sans compter que le « Je » et le « Nous » utilisés alternativement en rajoutent à cette incohérence.

Le fond. Le discours manque de bilan (minime qu’il soit) et de perspectives réelles. Quand un chef de l’Etat – fût-il putschiste-, s’adresse à la nation, c’est pour faire l’état des lieux et proposer des solutions qui donnent espoir dans tous les domaines (économie, politique, société, etc.). La profession de foi y a peu de places. C’est dire que des propos à l’image de « Faites-moi confiance. Je suis là pour servir, pour vous servir. Et le moment venu, le pouvoir, je vous le remettrai, à vous, peuple de Guinée », ne sont utiles que pour convaincre ceux qui doutent encore que le pouvoir n’est plus dans les mains du peuple qui, cependant en est le propriétaire légal et légitime.

Il faut surtout rappeler qu’en insistant pour que le peuple lui fasse « confiance », le colonel fait monter le curseur du doute au sein du peuple. Ce dernier pourrait être enclin à ne plus l’écouter, pour avoir entendu de manière répétée, ce genre de « supplique ». La politique rime avec action. Ce sont les actions qui donnent une idée de la personnalité de celui qui a juré de changer nos destins dans le bon sens.

Par Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com