Paul Moussa Diawara et Alhousseine Makanéra

 

Alhousseine Makanéra Kaké, ministre de la Communication, est en conflit ouvert avec Paul Moussa Diawara, directeur général de l’OGP (Office guinéen de publicité). Parce que celui-ci a refusé de rétablir dans leurs fonctions le DAF et le chef comptable qu’il avait suspendus et remplacés pour cause de détournements de fonds. Face donc à ce refus, le ministre Makanéra suspend à son tour pour “insubordination” Paul Moussa.

Le problème administratif entre un directeur général et un ministre est à n’en pas douter, la partie émergée de cette affaire. L’autre partie, la plus importante d’ailleurs, est une guerre larvée d’égos et surtout de contrôle du magot.

En effet, Alhousseine Makanéra Kaké et Paul Moussa Diawara ne sont pas comptés parmi les premiers inconditionnels du président Condé. Chacun usant de ses relations et des intrigues guinéo-guinéennes s’est débrouillé pour se rapprocher de lui. Mis à des postes de responsabilité, chacun a comme pris un engagement tacite pour mobiliser sa communauté en faveur du président pour les futures échéances électorales. Makanéra pour la Basse Guinée, surtout la région de Boké, et Paul Moussa pour la Forêt, surtout le pays Kissi.

Alors, chacun des deux pense faire plus pour le président. Et la meilleure façon pour eux de jauger l’appréciation du président se trouve sans doute dans la prise de position de ce dernier en faveur de l’un ou de l’autre dans leur différend. Mais Alpha Condé est un animal politique. Il sait ménager la chèvre et le chou. C’est pourquoi il renvoie presque dos à dos les deux en levant, sans le dire, la suspension de Paul Moussa tout en renvoyant les hommes nommés par ce dernier. Mais l’affaire n’est pas finie. Makanéra en réalité ne gobe pas Paul – l’inimitié est réciproque-, il n’aimerait par conséquent pas le voir dans sa sphère, parce que comme le dit l’adage soussou, « deux têtes ne peuvent pas tenir sous le même chapeau ».

En plus de cette guerre, on va dire d’égos, chaque partie cherche aussi -et c’est très important-, à contrôler le « nerf de la guerre ». L’OGP est la principale régie financière sous la tutelle du ministère de la Communication. Qui contrôle le DAF et le chef comptable contrôle la structure. Et donc la manne financière qui s’y dégage.

Espérons qu’avec la mise en place prochaine d’un CA, le président aura trouvé la parade pour garder ses deux supporters tout en garantissant les finances de cette institution. En tout cas, en définitive, il faut bien se rendre à l’évidence que les deux protagonistes sont tous perdants, dans la mesure où ils perdent chacun un pan important de  leur pouvoir. Désormais, c’est le ministère délégué au Budget qui va nommer le DAF et le chef comptable.

Aziz Sylla

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