Joint au téléphone ce mardi 24 décembre, Souleymane Keita, l’un des conseillers du président de la République et cadre du RPG arc-en-ciel, a donné son avis par rapport aux récentes décisions prises par l’opposition guinéenne, notamment sur les élections législatives et le projet de la nouvelle constitution.

ne pas participer aux élections, c’est une position républicaine, mais personne n’a le droit d’empêcher une élection

Par rapport à la décision de l’opposition d’empêcher les élections, il dit croire qu’à ‘‘travers cet acte vous comprendrez aisément la volonté qui anime l’opposition guinéenne. A ce que je sache, nous avons un processus électoral inclusif. Nous avons tous souscrit au principe de l’organisation des élections par la CENI, l’idéal recherché, c’est de faire en sorte que nous ayons un processus participatif, qui permette à tous les acteurs politiques d’avoir un regard sur l‘ensemble du processus afin de s’assurer de la crédibilité et de la sincérité des élections. Et ce processus a commencé, les dates ont été fixées, finalement le travail proprement dit a commencé ; on vient de finir le processus d’enrôlement des électeurs ; on est dans la deuxième phase, c’est-à-dire le dépôt des candidatures. Cette démarche de l’opposition ne nous surprend guère. On est quand même déçu, parce que le président de la République s’est battu, il a fait beaucoup de concessions, il a toujours estimé qu’on a besoin d’avoir un processus inclusif en Guinée. Alors si l’opposition, notamment l’UFDG et l’UFR disent ne pas participer aux élections, c’est une position républicaine, mais personne n’a le droit d’empêcher une élection’’.

Il appartient seul à La CENI de dire, je ne suis pas capable de faire les élections pour telle ou telle raison

Selon lui, ‘‘personne ne peut empêcher une élection en Guinée. Parce qu’en le faisant, vous vous exposez à des infractions et conséquemment, il y a des dispositions à la matière. Donc on ne peut pas, parce que tout simplement quelques citoyens ne partagent pas un point de vue, empêcher à l’écrasante majorité d’exercer un droit civique. Pour nous, encore une fois, c’est décevant. Mais croyez-moi beaucoup de partis de l’opposition participeront à ces élections. Ils sont déjà en train de faire des listes, ils vont être mis sur la place publique très bientôt. Vous serez surpris de constater qu’il n’y a pas de consensus autour de cette disposition. Mais la volonté qui sous-tend cette démarche, c’est de faire en sorte qu’on ait pas d’élections en Guinée ; pour que nous nous retrouvions dans une situation d’exception. Mais cela n’arrivera pas. Pour l’instant, la CENI est en train de travailler. Pour le moment, elle ne nous a pas dit ne pas être capable d’organiser les élections, donc nous on est un parti politique, donc acteur majeur du processus. Nous allons dérouler notre stratégie, conformément à la date fixée par la CENI. Il appartient seul à La CENI de dire, je ne suis pas capable de faire les élections pour telle ou telle raison. Mais un parti politique, vous ne pouvez pas empêcher les élections, vous avez le droit de ne pas y participer, mais vous n’avez pas le droit d’empêcher une élection’’.

Je pense que tout cela relève d’une mauvaise foi

En ce qui est leur décision d’empêcher le président de soumettre le projet d’une nouvelle constitution, il fait savoir que ‘‘Ce n’est pas encore leur droit ça. Vous savez, j’aime le dire souvent, le débat constitutionnel en Guinée est un débat entier, qui concerne les populations guinéennes, et dans notre constitution et dans toutes les démocraties, la souveraineté appartient au peuple. Il appartient donc au peuple de décider de ses institutions, du mode d’organisation sociale, politique, économique et culturelle de la nation. Aujourd’hui nous avons une constitution qui a montré ses limites dans son contenu, mais qui ne correspond pas à la démocratie de par la façon dont elle a été conçue ; et que le président décide de soumettre à referendum une nouvelle constitution, c’est d’abord son droit, ce sont ses prérogatives. Donc il appartient au peuple de Guinée de se prononcer par le oui ou par le non à travers un referendum conformément à la loi. On ne peut pas demander à un présidant de la République élu de renoncer à la soumission d’un projet de nouvelle constitution, dans la mesure ou toutes les procédures légales en la matière ont été respectées. Je pense que tout cela relève d’une mauvaise foi et qui concourt à la mise en place du schéma de l’opposition qui consiste à faire en sorte qu’il n’y ai aucune élection, pour permettre aux anciens vautours, qui ont mis le pays en retard de revenir aux affaires. C’est tout ce qui les intéresse. Ils ne s’intéressent pas au contenu de la constitution, ils ne s’intéressent pas à la procédure légale qui est respectée de bout en bout. Ce qui les intéresse, c’est comment faire en sorte que le pays continue dans sa démarche d’incertitude en incertitude. Parce que quand vous avez des textes de loi qui ne sont pas cohérents, qui ne tiennent pas compte de la réalité du pays, vous naviguez dans le désert. Nous en tant que gouvernants d’aujourd’hui, nous sommes animés d’un souci. Au-delà de ce que nous sommes en train de faire en terme de projets de développement, c’est de créer un espace institutionnel qui permette de s’assurer une stabilité et une cohérence dans le fonctionnement des institutions en Guinée pour le bonheur des populations guinéennes en général’’.

Abdou Lory Sylla pour Guinee7.com

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