Plus que deux ans pour le Président de la République, Pr Alpha Condé, pour convaincre les Guinéens qu’il est véritablement l’homme de la situation. Deux ans, par gentillesse, quand on sait que 2015 étant l’année électorale et ne sera surement pas celle des actes. Mais celle du bilan, peut-être soutenue par de cérémonies d’inauguration de grands chantiers engagés au cours du mandat. Sinon, il ne reste plus qu’une année (courant 2014) pour le Président du changement d’espérer sans problème obtenir un second mandat haut la main.

De façon logique, « peut-on  faire en deux ans (pour ne pas dire un an) ce qu’on n’a pas pu faire en trois ans ? », s’interroge-t-on. Voilà une équation compliquée aux yeux de certains partisans du Pr Alpha Condé, opposant historique, investi Président de la République, le 21 décembre 2010.

Force est de reconnaitre que bon nombre de ses partisans croient encore en lui, lui font confiance et sont convaincus qu’il relèvera les défis qui s’imposent à son régime. A l’équation posée plus haut, la majorité des Guinéens, en général, et des partisans du pouvoir, en particulier, trouve comme solution le choix du prochain chef du gouvernement, suivie de l’équipe devant l’accompagner.

En toute évidence, tout le monde s’attend au départ de l’actuel Premier ministre, chef du gouvernement, Mohamed Saïd Fofana, et son remplacement par un homme plus charismatique, capable de mieux assumer les fonctions de Premier ministre, afin de décharger le Chef de l’Etat pour lui permettre de mieux s’occuper de l’orientation de l’Etat. Un Premier ministre au profil politique et technocrate, mieux outillé à gérer la politique et de redéfinir, avec le Chef de l’Etat, les priorités du Gouvernement pour matérialiser l’amorce du développement socioéconomique de la Guinée. De grands chantiers sont annoncés. Après les législatives de septembre dernier, la communauté des bailleurs de fonds est engagée à soutenir les projets gouvernementaux dont la majorité doit être axée sur l’amélioration des conditions de vie des populations.

Justement, le futur Premier ministre, on ne cessera de le dire, doit être proche des populations (comprendre leurs langages et leurs préoccupations) afin de trouver les solutions à leurs problèmes. Ce ne sont pas des milliards de dollars US annoncés à Abu Dhabi, notamment, qui règleront forcement les problèmes du paysan guinéen où de la ménagère. Les dizaines, voire centaines de millions d’euros et de dollars déjà dépensés en font foi. Pour l’économiste averti, la véritable économie nationale, c’est par exemple, les contours liés au commerce de la vendeuse de piments au marché Niger. Si cela est maitrisé avec des solutions concrètes, les grandes annonces auront un impact, car les populations en ressentiront sur leur quotidien.

Outre le développement local, qui peut aider le Président Alpha Condé  à faire la rupture. En plus du Premier ministre, quels membres du Gouvernement (Ministres) pour transformer les initiatives en projets bancables et réalisables ? Quel Ministre de la santé, par exemple, pour matérialiser les préoccupations du Président de la République dans ce secteur ? Les défis sont grands. Malheureusement, les Guinéens replongent dans le scepticisme. Qui pour redonner confiance et rassurer que le choix du 7 novembre 2010 n’est pas fortuit ?

Apparemment, le Chef de l’Etat ne semble pas être acculé par le temps. Il y a encore un mois, on n’était quasiment rassuré sur le déclin du gouvernement Fofana, quand le Président de la République lançait à son Premier ministre, au cours du conseil des Ministres du jeudi 14 novembre, qu’il ferait mieux de démissionner que de continuer à lui soumettre des actes à signer. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Le Premier ministre est encore là, bien que bon nombre de ses Ministres ont rangé leurs affaires, dit-on. Pire, depuis quelques temps, Mohamed Saïd Fofana multiplie des actions de terrain pour marquer sa présence et se montrer comme l’Homme de la situation : sa récente campagne de déguerpissement des artères publiques est illustrative. Un Homme décontracté, partie à la rencontre des concitoyens pour leur expliquer le souci du Gouvernement en matière d’assainissement de Conakry.

Aujourd’hui, la mise en place de la nouvelle Assemblée nationale semble plus d’actualité que la décision de confirmer ou de nommer un nouveau gouvernement. L’un dans l’autre, les partisans du régime restent impatients et soucieux pour l’avenir (proche). Ce, pas seulement pour leur leader historique, mais pour le pays, qu’ils veulent voir changé, grâce au Pr Alpha Condé.

Cheick Ah. Tidiane Diallo