Les tergiversations et autres hésitations des partis politiques de l’opposition sur la volonté de décrispation politique voulue par le Président Alpha Condé, dénotent de la confusion générale qui s’est emparée de la classe politique dans le pays face à l’avenir de la démocratie en Guinée. Tous les pans de l’opposition soufflent le chaud et le froid. Une situation déplorable et, d’autant plus grave, que cette opposition a lamentablement échoué à amener le locataire du Palais Sékoutouréyah à faire des concessions, depuis les fameux accords du 3 Juillet 2014 ! De guerre lasse, l’opposition dans ses divers pans, ne parvient pas encore à se prononcer de manière claire et sans équivoque sur ladite volonté avérée de décrispation politique du Président Alpha Condé encore moins se faire représenter dans le nouveau Gouvernement.

L’impasse menace et le risque est grand de retomber dans les errements qu’elle a toujours connus avec le régime d’Alpha Condé ! Quoi qu’il en soit, l’opposition guinéenne est menacée de mort. Le manque de cohésion qui semble de plus en plus se dessiner entre ses différents Leaders est plus qu’inquiétant pour tous ceux qui aspirent à voir cette opposition unie, déterminée et engagée à apporter le changement dans le pays. Il est surtout inquiétant pour l’avenir de la démocratie en Guinée.

En effet, les petits calculs partisans, les mesquineries, le recours à la roulette russe, semblent s’imposer à chacun, au grand plaisir du pouvoir qui, lui, n’attend pas. Comme s’il était sûr que tôt ou tard, l’opposition, unie ou divisée, finira par participer. Ce pouvoir observe du haut de son piédestal la « bataille des vautours ». Pour lui, d’une manière ou d’une autre, il y aura décrispation tout de même, avec la participation d’un voire plus, de rivaux issus de l’opposition dite Républicaine.

Et le reste, il s’en chargera comme toujours, il a su merveilleusement le faire. Alpha Condé sait comment gérer les hommes de ce pays qu’il connait comme le bout de ses doigts. N’est-ce pas pour cela qu’il n’a jamais été ébranlé dans sa fonction de Président de la République de Guinée? Fort de sa riche expérience héritée du passé récent, dans l’art de démystifier, il s’est mis, depuis longtemps, en ordre de bataille.

Toutes ses succursales sont mobilisées avec une mission simple et claire : tuer l’opposition par toutes les méthodes possibles. Les unes se chargent de la démobilisation au vrai sens du mot –à opposer les uns contre les autres, d’autres de la propagande mensongère, d’autres encore de la démobilisation. Le tout pour tirer le dernier bout de tapis qui reste à une opposition sans boussole et sans repère en perspective de l’an 2020. Tous les moyens sont bons pour arriver à l’objectif. L’amère expérience du 28 Septembre 2009 doit servir de leçon à l’opposition guinéenne. Tombera-t-elle de nouveau dans un piège que le Président Alpha Condé se discréditera pour le reste de son existence !

Les voies d’actions sont claires et toutes tracées devant les partis de l’opposition : soit  dans sa totalité, boycotte et en tire les conséquences dès à présent. Soit ils décident de participer tout en sachant qu’ils y ici risquent de se faire étriller par la machine du pouvoir qui a le turbo à fond, depuis des mois. Les tergiversations doivent cesser au plutôt au sein de l’opposition ; le choix est très limité et les risques, dans un cas ou dans l’autre, assez grands ! Aujourd’hui, l’ambition d’imposer une décrispation de fond avec le peuple de Guinée semblant de plus en plus s’éloigner se réaliser avec la farouche volonté du Président Alpha Condé avec qui certaines personnes aient décidé de « s’aligner sans préalable ».

Les marges de manœuvre de l’opposition se sont réduites comme peau de chagrin. Il ne lui reste, dès lors, qu’à tenter de maintenir la pression et de mobiliser davantage, plus que ce qu’elle avait réussi au pic du « printemps ». Seulement, l’opposition, a-t-elle encore une âme pour cela ? Dispose-t-elle encore de force voire de légitimité auprès de ses militants et de la force de dissuasion auprès du Pouvoir ? Là est toute la question ! Une chose est certaine : le gros de la masse « opposante » étant disposé à s’aligner, le Pouvoir tient bel et bien le bout de la ficelle. Comme toutes les fois précédentes, il tient les leviers de commande.

Dans un tel état de fait, tout est possible : faire passer de nouvelles règles de jeu, amender la constitution…

En définitive, il y aura eu beaucoup de bruits, pour rien, une tempête dans un verre d’eau. Après bien de tergiversations, le pays n’a pas bougé d’un iota ; les Guinéens étant revenus au statut quo. Pour les rares citoyens qui croyaient au changement et aux hommes politiques qui avaient à charge de sortir le pays de l’ornière du diable il ne reste plus qu’à tirer la révérence et à se creuser les méninges. Pour sauver ce qui reste encore de la démocratie dans le pays et à l’occasion, trouver une posture honorable pouvant sauver la face de notre vieille et constipée opposition !

Nouhou Badiar Diallo

1 COMMENTAIRE

  1. bien dit mr. diallo il fallait ajouter ceci … c est cellou dalein qui a affaibli l opposition guineenne. alpha ka fo alpha ka ke

  2. bien dit mr. diallo il fallait ajouter ceci … c est cellou dalein qui a affaibli l opposition guineenne. alpha ka fo alpha ka ke