Intervenant ce jeudi 23 novembre 2017, chez nos confrères d’Espace FM, dans l’émission les GG, l’honorable Ousmane Gaoual Diallo s’est prononcé sur la grève des enseignants qui paralyse les cours dans les écoles publiques de Conakry.

Pour le député de l’UFDG (opposition), cette grève donne plusieurs enseignements : « d’abord ils ont présenté les syndicats qui ont lancé le mot d’ordre de grève comme des marginaux, des gens qui ne représentent rien, ont été exclus de leur mouvement syndical. Les faits prouvent qu’ils sont qu’à même avec la majorité des syndiqués ou ils ont acquis la sympathie de l’opinion. L’opinion les suit parce que les écoles sont paralysées au-delà de Conakry jusqu’à l’intérieur du pays. »

Mais sur le terrain « c’est la recrudescence de la violence, lorsqu’il y a l’esprit de manifestation de la démocratie à chaque fois, s’est soldé par des morts. On a tendance à banaliser lorsque c’est des acteurs politiques qui ont appelé à la manifestation. La mort est devenue tout à fait naturelle. J’ai retrouvé la même banalisation dans le discours du chef de l’Etat à Paris devant Macron où il dit j’ai appris qu’il y’a plusieurs morts mais il n’y a pas eu plusieurs morts il y’a eu deux morts ; entendre un chef d’Etat dire ça dans un pays où la vie humaine est sacrée c’est quelque chose qui est vraiment poignant. Je pense qu’il aurait dû avoir quelque goûte de larme pour cette fille qui a été violée ».

Poursuivant sa communication, le conseiller politique du principal opposant d’Alpha Condé fustige le comportement du gouvernement : « C’est l’incapacité du gouvernement à faire agir avec humilité, rappeler les gens et à trouver une porte de sortie qui ne se fera que par le dialogue. Lorsqu’on criminalise les interlocuteurs, alors on ferme la porte du dialogue. Là c’est une lecture qu’il faut tirer. La conséquence de tout ça, c’est que les enfants ne vont pas à l’école. La grève est en train de prendre une autre dimension, dans la préfecture de Gaoual par exemple, les gens sont sortis ces deux derniers jours non pas pour suivre le mouvement de grève seulement mais pour protester contre l’absence d’enseignants. Parce que depuis le début de l’année, il n’y a pas d’enseignants dans les classes. »

Rabiatou Serah

Parlant de l’arrestation des syndicalistes au siège du Conseil économique et social (CES), le député uninominal de Gaoual, dénonce le comportement de la présidente de cette institution : « Madame Rabiatou Serah a contribué indirectement à l’arrestation de ces gens-là et elle n’a pas eu la réaction qu’il fallait. Le Conseil économique et social devrait immédiatement exiger leur libération et l’arrêt de toute poursuite judiciaire contre les syndicalistes, mais ce n’est pas ça. Elle s’est plutôt laissée faire et les gens ont épuisé les 48 heures de garde à vue pour être libérés, mais poursuivis donc inculpés. Donc il n’y a eu d’action à ce point de vue et c’est une déception de la part de quelqu’un qui a incarné la révolte populaire de 2007 et qui a montré en quelque sorte le courage, la détermination, pour exiger à l’Etat le respect d’un certain nombre d’engagements. »

Bhoye Barry pour guinee7.com

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