L’Assemblée Nationale de Guinée a ouvert hier mardi 7 avril 2015 dans l’hémicycle du Palais du peuple à Conakry, les travaux de sa session des lois.

A cette occasion, le Président de l’institution parlementaire, Claude Kory Kondiano a dans son discours de circonstance, invité l’opposition guinéenne à un dialogue objectif et à cesser le combat Espagnole dit « Toreador et Torero ».

 Ce discours à plusieurs connotations est depuis, diversement interprété par l’opinion tant du côté des politiques et celui de l’administration.

Pour édifier les uns et les autres sur le contenu de cet important texte du Timonier du perchoir du Parlement guinéen, nous vous livrons ici in extenso ce speech de l’Honorable Claude Kory Kondiano.

 Honorables Députés, chers collègues,

 Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement,

Monsieur le Représentant  du Chef de l’Etat,

Mesdames et Messieurs les Représentants des Institutions Républicaines,

Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement,

Mesdames et Messieurs les Membres du Corps Diplomatique et Consulaire,

Mesdames et Messieurs les Représentants des Institutions Internationales,

Révérends Représentants des Confessions Religieuses,

Monsieur le Chef d’Etat Major Général des Armées,

Monsieur le Haut Commandant de la Gendarmerie Nationale, Directeur de la Justice Militaire,

Messieurs les Chefs d’Etat Major des Armées de Terre, Mer et Air,

Monsieur le Gouverneur de la Ville de Conakry,

Monsieur le Président du Parlement des Enfants, cher confrère,

Distingués Invités,

Mesdames, Messieurs,

A peine revenus des vacances Parlementaires, nous nous retrouvons à l’hémicycle pour la première session de l’année en cours, dite Session des Lois.

Nous revenons toujours déterminés,  pour accomplir notre mission en dépit de quelques difficultés dont nous sommes tous conscients.

Ces vacances parlementaires n’ont pas été de tout  repos. En effet, il nous a fallu aller dans toute les circonscriptions, auprès de nos mandants, non seulement pour rendre compte des résultats des travaux de la dernière session budgétaire, mais aussi et surtout pour sensibiliser contre le virus EBOLA et être à l’écoute des populations en vue d’une meilleure prise en compte de leurs préoccupations.

Pendant la même période, nous nous sommes impliqués dans la préservation de la paix, de la cohésion nationale et surtout de la sensibilisation en cette phase d’urgence sanitaire.

Soyez vivement remerciés et félicités pour ce travail noble, toute chose indispensable pour le développement  économique et social d’un pays.

 Honorables Députés,

Mesdames, Messieurs, 

Au cours de l’intersession, le Bureau de l’Assemblée Nationale a organisé des missions parlementaires, des voyages d’études, de nombreuses audiences et a conféré avec les différents partenaires bi et multilatéraux en vue du renforcement des capacités de notre Institution.

Dans ce cadre, il faut se réjouir de l’élaboration et de la présentation du plan quinquennal 2014-2018  ainsi que du plan de formation pour la même période avec le NDI sur appui financier de l’USAID.

L’exécution de ce plan a permis d’organiser un certain nombre d’ateliers et de voyages d’études respectivement à Paris en France, Bruxelles au Parlement de l’Union Européenne.

Dans la même optique, le bureau de l’Assemblée Nationale mène des démarches pour la construction de notre siège sur son nouveau SITE de Koloma. Mais jusque là, la Commission Chargée de ce projet peine à obtenir sa libération pour nous permettre de démarrer les travaux alors que la réalisation de ce projet va conférer davantage de la valeur et un grand prestige à la zone. C’est ce que devraient comprendre les sages et les populations riveraines du Site pour s’impliquer dans la sensibilisation des occupants.

La restructuration de l’administration parlementaire en cours  commence à produire ses résultats avec l’affichage de la liste des agents radiés qui continuaient à émarger sur le registre de paye de l’Assemblée Nationale alors qu’ils n’y travaillaient plus. Après la mise à la retraite effective de ceux qui sont appelés à faire valoir leurs droits à la retraite une première liste des agents à retenir pour évaluation sera affichée.

Il faudra, après tout cela, procéder à l’évaluation du personnel pour ne retenir que les agents qui auront réussi le test auquel ils seront soumis pour être recrutés et occuper des emplois permanents au sein des services de la nouvelle Assemblée Nationale. Seul le personnel de certains emplois techniques sera recruté sans concours et aura un statut de contractuel avec des contrats à durée déterminée. 

Honorables Députés,

Mesdames, Messieurs, 

A l’ouverture de la troisième Session des Lois en avril 2014, j’ai attiré votre attention sur le fait que ceux d’entre nous qui avaient une expérience parlementaire étaient en nombre insignifiant, c’est donc la volonté et la détermination de chacun de nous qui nous ont permis d’obtenir, au terme de l’An 1 de la première législature, des résultats dont on peut, aujourd’hui, se féliciter.

Nous nous sommes efforcés, au fur et à mesure, à résoudre les problèmes qui sont survenus avec le réconfort d’avoir évité tout blocage. Il s’agit entre autres des questions budgétaires, de formation, d’équipements et de réintégration de notre Assemblée dans les organisations interparlementaires.

Honorables Députés,

Mesdames, Messieurs,

Je viens de boucler la première étape de la tournée qui m’a conduit en Forêt, après deux brèves escales à Mamou et à Faranah pour des raisons sociales.

L’objectif visé est la poursuite de la sensibilisation des populations de la Forêt autour de  l’épidémie à virus EBOLA, de la consolidation de la paix et de la cohésion sociale, ainsi que le remerciement de nos mandants dans cette zone.

Pendant cette tournée, j’ai bénéficié de la collaboration de certains honorables députés qui étaient déjà sur le terrain et l’appui des autorités locales.

J’ai observé un recul très notable de l’épidémie EBOLA dans la région Forestière, recul consécutif aux efforts menés par différents acteurs contre les réticences enregistrées dans certaines  zones. 

Toutefois, la présente session s’ouvre malgré tout dans une conjoncture fortement influencée par cette  maladie.

C’est le lieu d’exprimer notre gratitude à la Communauté Internationale, aux Pays amis, au Système des Nations Unies, et aux différentes ONG  qui nous accompagnent depuis le début de cette terrible épidémie sous l’impulsion de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, le Professeur Alpha CONDE.

Cependant, les résultats auxquels nous sommes parvenus ne doivent pas nous distraire. Bien au contraire, nous devons rester très vigilents si nous voulons éradiquer la maladie et préparer l’après EBOLA dont les conséquences sont dévastatrices tant au plan humain et social, qu’au plan macro et micro économique.

Je m’en voudrais, si je passais sous silence les efforts gigantesques fournis par le personnel médical guinéen, fortement éprouvé par la disparition de certains de ses collègues dans ce combat. Je saisis cette occasion pour saluer la mémoire de l’ensemble des victimes.

Je salue enfin les mesures pertinentes annoncées par Monsieur le Président de la République dans sa déclaration au soir  du 28 mars 2015, car je suis de ceux qui pensent que sans mesures coercitives rigoureuses, le pays pourra difficilement se défaire de cette épidémie.

Honorables Députés,

Mesdames, Messieurs,

Nous entamons la présente session à un moment où notre pays s’apprête à organiser des consultations électorales, qui sont souvent, sources d’inquiétudes et d’anxiété.

Comme vous le savez, toute démocratie admet la compétition dans le respect des normes prescrites en la matière. C’est un combat d’idées dans le respect des Droits de l’Homme et de la différence et non un combat d’épée ou un combat entre le TOREADOR et le TORERO. Je ne doute donc pas de la détermination des uns et des autres en vue d’épargner à notre pays, au cours des consultations à venir, des turbulences aux conséquences imprévisibles.

Cela peut être évité si tous les acteurs concernés par le processus électoral acceptent de s’asseoir autour d’une table pour dialoguer objectivement sans exclure qui que ce soit afin de trouver une solution idoine au problème dans le respect, bien entendu, des lois et règlements en vigueur.

La Session dont nous ouvrons les travaux ce matin sera consacrée, conformément aux dispositions des articles 68 et 72 de la Constitution, à  l’examen et à l’adoption des textes soumis à notre Institution.

D’ores et déjà, j’ai l’assurance, honorables députés, que vous êtes entièrement disposés à  partager les préoccupations  des populations et que vous saurez combler leurs attentes.

Mesdames et Messieurs les membres de l’Administration Parlementaire, 

Je tiens à vous dire que c’est en toute sincérité et de très bonne foi que j’ai, dans  mon tout premier discours dans cet hémicycle, déploré vos conditions financières de travail.

En effet, depuis plus de vingt ans, la plupart d’entre vous ont accepté de servir notre pays, à travers l’Assemblée Nationale, à des conditions financières des plus médiocres auxquelles vous ont soumis nos prédécesseurs.

Non seulement j’ai eu à redénoncer cet état de chose plusieurs fois dans mes différents autres discours, mais j’ai, en plus, pris l’engagement d’améliorer sensiblement le niveau des salaires à vous payés.

Je suis donc surpris par les comportements de certains d’entre vous qui ne mesurent même pas les conséquences perverses qui peuvent en résulter pour vous.

En effet, dans l’état actuel de la situation dans laquelle vous vous trouvez, très peu d’entre vous peuvent apporter des preuves juridiques attestant que vous êtes liés à l’Assemblée Nationale par des contrats à durée indéterminée faisant de vous des employés permanents du Parlement.

Par conséquent, les actes de violence gratuite auxquels  vous vous êtes livrés dans cette institution, surtout le lundi 24 mars 2015, devraient amener la nouvelle Assemblée Nationale à revoir ses relations avec vous si vous n’êtes pas des agents permanents. En tout état de cause, les agents qui vont figurer sur la première liste qui sera affichée sous peu de temps seront soumis à une évaluation et tous ceux d’entre vous qui vont échouer à ce test ne pourront pas être des agents permanents avec des contrats à durée indéterminée ; ils pourraient, tout au plus, être retenus, s’ils le méritent, comme agents contractuels pour des emplois techniques bien déterminés. Comme je vous l’ai déjà dit une fois, cette démarche est incontournable car, c’est cela seulement qui fera de l’Assemblée Nationale de notre pays un parlement normal afin  que la Guinée puisse enfin,  ressembler aux autres pays du monde dans ce domaine.

Par conséquent, je vous conseille de sortir de la logique des rapports conflictuels avec la direction de la nouvelle Assemblée Nationale dans laquelle vous vous êtes engagés volontairement ou involontairement, pour vous préparer sérieusement à accéder aux catégories d’agents permanents du nouveau plan de carrière qui vous sera offert et à travers lequel nous tenons à vous garantir un avenir professionnel bien meilleur.

En attendant, je vous encourage à maintenir la paix sociale si heureusement créée grâce à l’excellent travail de médiateur de l’Honorable Bakary DIAKITE que je tiens à remercier.

Honorables Députés, Chers Collègues,

Il vous souviendra que nous avons eu à interpeler le Gouvernement l’année dernière sur le retard pris par lui pour l’installation des institutions républicaines prévues par la Constitution de notre pays et lui demandions d’en accélérer le processus.

Il a réagi avec promptitude. C’est ainsi qu’à ce jour certaines de ces institutions sont déjà installées. Il s’agit, notamment :

  • de l’Institution Nationale des Droits Humains ;
  • de la Haute Autorité de la Communication ;
  • de la Médiature de la République ;
  • et de la Cour Constitutionnelle.

Il ne reste donc plus que la cour des comptes dont la mise en place ne saurait plus tarder. En votre nom chers collègues je félicite le Gouvernement pour ce qui est déjà fait et l’encourage à finaliser ce qui reste à faire.

Honorables Députés, Chers Collègues,

Distingués invités,

Mesdames et Messieurs, 

Je ne saurais terminer mon discours sans remercier très chaleureusement Monsieur Arsène GBAGUIDI Directeur Résident du NDI pour tout ce qu’il a fait pour la Guinée durant son séjour dans notre pays.

Il nous quitte pour la Centrafrique où il est appelé à de nouvelles fonctions dans le système des Nations Unies. Nous le félicitons et lui souhaitons pleins succès.

C’est sur ces mots, que je déclare ouverts les travaux de la première session ordinaire de l’année 2015.

Je vous remercie.

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