Dans la matinée de ce mercredi 20 novembre, l’opposition guinéenne s’est réunie au siège du Parti de l’Espoir et du Développement National (PEDN) sis à Lambagny, dans la Commune de Ratoma. Nous vous proposons l’intégralité de la déclaration lue par Aboubacar Sylla à cet effet.

‘‘Les partis politiques membres de l’opposition républicaines viennent de se retrouver pour d’abord réaffirmer leur volonté de rester unis et solidaires dans le combat politique qu’ils mènent depuis trois ans en faveur d’une Guinée démocratique et plus respectueuse des droits de l’homme. Nous nous sommes retrouvés au lendemain de ces élections législatives, pour d’abord  fustiger les violences d’ordre policières qui continuent à s’exercer sur les pauvres populations guinéennes. Nous avons déploré l’assassinat par les forces de l’ordre d’un jeune nommé Aziz Baldé âgé de 15 ans et qui habite le quartier Cosa et nous avons également déploré les violences qui sont exercées sur les journalistes en exercice de leur profession. Nous avons déploré ce qui s’est passé devant le chef de l’Etat en personne et qui concernait un journaliste de Tamata fm M Diangolo Barry, nous avons déploré aussi ce qui s’est passé au niveau de la radio planète Fm où un journaliste s’est senti persécuté et a dû faire recours aux populations pour se sauver d’une situation de détresse dans laquelle il se trouvait.

Nous avons en même temps présenté nos condoléances les plus émus à la famille de M. Baldé et nous avons exprimé notre compassion de la douzaine de blessés lors de ces interventions  de ces forces de l’ordre. Nous regrettons que ces pratiques que nous avons toujours dénoncées continuent à se perpétuer dans notre pays.

Relativement aux élections législatives du 28 septembre dernier nous avons décidé de saisir le système des Nations Unies, de saisir le Secrétaire Général des Nations Unies d’un courrier  dans lequel nous allons réaffirmer notre refus d’accepter ces élections truquées, nous allons réaffirmer toutes les fraudes, toutes les imperfections, nous allons rappeler tout ce qui a fait que ces élections législatives ont constitué pour nous une véritable mascarade électorale et nous allons joindre à ce courrier une documentation suffisamment fournie pour attester de la véracité de nos accusations.

Ce courrier sera également transmis à l’union Africaine, à la CEDEAO et à l’union Européenne. Nous avons également décidé d’adresser un courrier aux autorités compétentes pour prendre acte de la fin de la mission du Comité de Suivi de l’Accord du 3 juillet 2013. Nous avons noté en effet que la cessation de  ses activités intervient au moment où  de nombreuses dispositions prévues au titre de l’Accord du 3 juillet dernier n’ont pas été exécutées. Nous souhaitons  donc qu’un cadre permanent de dialogue soit institué sous l’égide de la communauté internationale pour continuer à dérouler l’application des dispositions de l’Accord du 3 juillet notamment les  questions liées aux élections communales et communautaires qui doivent se tenir en principe  avant la fin du premier trimestre 2014  ainsi que pour l’élection présidentielle 2015 en passant par le changement d’opérateur technique, le recrutement d’un nouvel opérateur sur une base de concurrence internationale.

Il y a également de nombreuses  comme vous le savez obligations auxquelles étaient soumises des  autorités mais qui ne sont pas encore appliquées, il s’agit de la neutralité de l’administration publique, de l’accès aux médias d’Etat de service publics de tous les courants de pensées et d’opinions, de l’indemnisation de ceux qui ont été victimes des événements que nous avons connus ces derniers mois dans notre pays.

Nous avons également décidé d’organiser une journée ville morte le lundi 25 novembre prochain. Nous appelons donc toutes les populations de Conakry à observer ce jour une journée ville morte pour protester contre la démission de la Cour Suprême et le fait que cette institution se déclare incompétente pour juger du contentieux électoral, faisant de notre pays le seul pays au monde où aucun recours aux contentieux électoraux ne peut être examiné.

Nous avions pour projet de définir notre position par rapport à notre participation ou non à l’assemblée nationale. Comme vous le savez nous avions demandé à consulter nos bases respectives pour que tous les partis politiques sur la base du consensus puissent consulter leurs  différentes structures et arriver à une décision consensuelle. Il se trouve qu’au jour d’aujourd’hui ce travail n’est pas encore achevé, c’est un processus de rapprochement des idées qui prend parfois du temps et certains partis politiques nous ont dit qu’ils ne sont pas encore prêts pour pouvoir donc décliner leur position par rapport à cette question importante. Donc nous avons reporté aux prochains jours la prise de décision concernant la participation ou non de l’opposition républicaine à la prochaine assemblée nationale ».

Propos recueillis par El Hadj Mohamed Diallo

 

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