Le développement  socio-économique est l’enjeu principal de tous les gouvernements dans les pays riches comme dans les pays pauvres. Pour y parvenir la tendance générale se dégage de nos jours autour de la démocratie libérale, c’est-à-dire une politique alliant démocratie et libéralisme économique.

Cette voie de développement, on le sait, a pour socle un article de la Déclaration universelle  de l’homme qui stipule que «Tous les hommes naissent libres et égaux en droit». Ceci entraîne que tout homme a droit au bonheur matériel et moral et qu’il a droit de participer à la gestion de l’Etat à travers un vote libre, égal et universel.

Les pays de l’occident ont accompli de grands pas sur le chemin de la démocratie libérale, leur niveau de développement l’atteste éloquemment même s’ils sont loin d’atteindre le parfait qui n’est d’ailleurs pas de ce monde. Quant aux pays du Tiers-monde, notamment l’Afrique, les choses se décident encore timidement. Tout a commencé par les régimes autocratiques et totalitaires symbolisés par des partis uniques au service de présidents élus à vie ou intronisés par coups d’Etat. Cette phase cède peu à peu le pas au pluralisme politique et à l’alternance au pouvoir.

Sur ce terrain l’Afrique est partagée entre deux extrêmes : d’une part le Sénégal comme tête de pont des pays engagés  dans la voie du renouveau, d’autre part le Zimbabwé tête d’affiche  des pays retardataires où le pouvoir est la chasse gardée d’un homme et de son clan. Entre ces deux extrêmes le Rwanda est le pays où règne ce qu’on pourrait appeler un dictateur éclairé. Celui-ci s’est taillé une constitution à sa guise, il s’autorise de fouler au pied bien des règles démocratiques, mais il prend à bras le corps le développement de son pays au point que le Rwanda est cité un modèle de développement en Afrique.

Alors la question se pose : Peut-on tolérer un dictateur qui travaille bien ? Autrement-dit la dictature est-elle acceptable ou supportable quand le pays est économiquement viable ? Je réponds  oui  en comparaison au Zimbabwé, non en comparaison au Sénégal ou au Ghana. L’idéal de la vie individuelle ou collective étant de s’élever toujours vers le parfait, un dictateur éclairé ne devrait pas tarder à céder le pouvoir à un président démocrate, ce serait l’apothéose de son œuvre économique. Mais comme l’appétit vient en mangeant, Paul Kagamé est là pour le restant de sa vie à moins qu’un jeune caporal téméraire ne lui face un mauvais coup.

Walaoulou BILIVOGUI