« On parle souvent des Chinois, c’est nous-mêmes », disait ce lundi 29 juillet, le ministre Frédéric Loua, en charge du ministre des Pêches, de l’Aquaculture et de l’Economie maritime, lors d’une conférence de presse qu’il a animée dans un réceptif hôtelier, à Conakry.

Il a, au préalable, mis les points sur les i, en disant que : « Au niveau de la pêche industrielle, c’est la licence, au niveau de la pêche artisanale, c’est les permis de pêche ; pas d’amalgame entre les deux ; il y a des procédures pour ça. Il y a quelques années, le Centre national de surveillance de la pêche délivrait les permis de pêche. Or, ce centre de surveillance est l’élément qui contraint ; c’est notre police en mer. Après étude, on s’est rendu compte qu’il fallait séparer les pouvoirs. Celui qui doit contrôler ne doit pas émettre les licences. Les licences sont venues ainsi au niveau de la Direction nationale de la pêche maritime ».

Il a ensuite détaillé que : « Avant, qu’est-ce qui se passait en Guinée ? Les gens prenaient les licences et partaient chercher le bateau. C’est comme si on prenait une carte grise avant d’avoir le véhicule. Les choses ont été changées. Maintenant, la procédure pour avoir une licence, il faut être société de droit guinéen. Si vous avez un navire qui est à l’étranger, c’est d’envoyer les caractéristiques du navire, la demande accompagnant tous ces éléments, et si c’est favorable, le dossier peut être traité ; alors on vous demande de faire venir le navire, une fois le navire à Conakry, les inspecteurs vont inspecter le navire, si le navire n’est pas un bateau INN, le navire n’a pas d’antécédents ailleurs, ces conditions sont remplies, maintenant la dernière partie importante, c’est le quota. Est-ce qu’il y a des quotas pour cette pêche ? Nous avons fait des avancées. Cette année, nous avons fait plusieurs licences. Jusqu’à l’an passé, je crois que c’étaient deux licences.  Nous avons mis des licences pour les poissons, une licence pour les céphalopodes, une licence pour les pélagiques, une licence pour les crevettes, une licence pour les thons. Comme ça, les choses sont claires. Les demandes sont traitées conséquemment et dans le plan de pêche, les quotas étant définis, soit en stock ou par bateau. On sait que 46 bateaux vont immersales, 3 bateaux alignés en pélagiques, 2 bateaux en crevettes, 46 bateaux en thoniers ».

Enfin, le ministre Loua a illustré l’action par des exemples : « S’agissant de la pêche artisanale avancée, c’est vrai, c’est un domaine qui est réservé exclusivement aux nationaux et aux ressortissants de la CEDEAO. Qu’est-ce qui se passe ? Le problème, c’est toujours nous, c’est nous-mêmes ; on parle souvent des Chinois, c’est nous-mêmes. On va prendre les papiers disant que c’est nous notre société, alors que le Guinéen qui prend le document, n’a que peut être 5% d’actions, le reste c’est des étrangers. Et ils viennent se présenter. Comme on a parlé de documents guinéens, que la société est guinéenne… Donc, on vient dire que la société de droit guinéen est composée de tel et tel, donc je suis monsieur Loua, je suis le gérant de cette organisation, donc je voudrais avoir un permis une pêche. Sachant bien que le bateau est chinois, que vous n’êtes que des démarcheurs en réalité, parce que vous n’aviez même pas d’actions quelques fois, et après on dit après au ministère de la Pêche que non, vous laissez venir les Chinois. Alors, c’est pourquoi il y a eu problème au niveau des débarcadères. Les gens sont allés jusqu’à brader les sites touristiques et le sites historiques à ces personnes, pour construire quelque chose qu’ils peuvent conserver. Ce n’est pas normal ! Comment on peut mettre un débarcadère sur le site historique de Boffa, où c’était le port négrier ? Donc, non seulement nous avons nettoyé ces sites, mais aussi, nous avons bloqué tous les bateaux de pêche artisanale avancée. Cette année, nous avons délivré seulement 34 permis de pêche artisanale avancée (sic) ».

Abdou Lory Sylla pour Guinee7.com