Le district de Katougouma relevant de la sous-préfecture de Tanènè, préfecture de Boké a vu son mode de vie transformé avec l’arrivée d’un important flux de chercheurs d’emplois dans le secteur des mines. Cette surpopulation aurait pour conséquence la rareté d’eau potable enregistrée dans la localité, sous le regard « indifférent » de la Société minière de Boké (SMB).

Ce bouleversement dans le mode de vie des habitants serait dû à la présence massive d’ouvriers en quête d’emplois auprès des différentes entreprises du coin, notamment  la Société minière de Boké (SMB), qui exploite la carrière minière d’une localité de la région. Ainsi que deux autres sociétés qui sous traitent avec la SMB. Il s’agit de United mining supply (UMS), qui assure le transport des ressources minières et Wining alliance port (WAP), qui elle, gère la manutention portuaire pour la SMB. Leur présence attire les demandeurs d’emplois venus des quatre coins du pays. Mais le seul hic lié à cette présence, à en croire les habitants, est que la vie devient de plus en plus difficile dans le district de Katougouma. Cela aurait entrainé la rareté de l’eau potable dans ce bled. « La vie est devenue insupportable dans notre village. Nous sommes envahis par ceux qui cherchent de l’emploi auprès de la SMB », a confié Alhassane Camara, un habitant de Katougouma à notre reporter. Selon lui, il est très difficile d’avoir de l’eau potable, avec cette affluence des chercheurs d’emploi.

Pour se procurer de l’eau dit-il, il faut se lever le matin de bonheur pour se rendre au niveau des sites abritant les forages.

« Les puits ont tari, et les forages qui sont là-bas, quand ils sont beaucoup exploités, l’eau ne sort pas», a indiqué Alhassane Camara. Et la rareté des pluies qui se fait sentir dans la zone, malgré la saison des pluies n’arrangerait pas non plus la situation. Les habitants de la localité se disent aujourd’hui dépassés par ce qu’ils observent jour et nuit. «Mon frère, dans mon village, on a commencé à vendre de l’eau. Un bidon d’eau de 20 litres coûte entre 5 00 et 1 000 fgn. Cela nous préoccupe beaucoup», a déploré Alhassane Camara.

«A part ce problème d’eau, beaucoup de choses nous préoccupent. On n’arrive plus à contrôler notre village. Il est animé jour et nuit », a fait remarquer notre interlocuteur.

Aujourd’hui, les habitants du district de Katougouma ne savent plus à quel saint se vouer, puisque selon ses habitants, la société qui serait à l’origine de leur calvaire, ne s’est pas encore intéressée à leur problème. « Elle pouvait au moins penser à nous apporter de l’eau potable dans les citernes ou nous construire des cuves qu’ils pourront alimenter », a déclaré Alhassane Camara, un habitant de la localité, révolté.

Les habitants de Katougouma devront désormais s’accommoder des mœurs importées par les chercheurs d’emplois. A cela, il faut ajouter le manque d’eau et des denrées qui se pose déjà.

le démocrate

Richard TAMONE