Quand on me demande de définir la conviction, je répondrai que la conviction est l’identité remarquable de l’homme et j’ajouterai que le présent d’un homme de conviction est le fruit de  l’invariabilité  de sa conviction.

La conviction est l’une des qualités d’un homme qui garde ses yeux sur la ligne d’arrivée et non sur les agitations autour de lui, c’est une force tranquille. Un homme de conviction est un homme qui, contre vents et marrées restera fidèle à son objectif, même si cela prendra 40 ans ou toute la vie. Cette conviction, il ne la monnaiera  contre rien au monde, même contre le portefeuille de la primature.

Bref, un homme de conviction est un homme qui ne sort jamais de son cercle de conviction et qui a foi à la fin. C’est un homme qui sait que « tout ce qu’on ne fait pas par conviction est péché » Saint Augustin et qui observe la célèbre citation des français «  la fin justifie les moyens » comme  principe.

En effet, la question : Pourquoi c’est après avoir dirigé la primature qu’ils ont décidé de devenir opposants ? est une question à mille et une réponses, chaque concerné de l’interrogation utilisera tout ce qui est génie en lui pour convaincre le bas peuple, oubliant que  la question est un couteau à double tranche et un piège à double sens dont même le moins informé des guinéens pourra sans réfléchir deux fois  donner la bonne réponse.

Énumérons quelques faits connus de tous :

1)Tous ont été Premiers Ministres de la 2ème république ;
2)Tous sont restés Premiers Ministres jusqu’au remplacement ou limogeage ;
3)Tous ont créé ou appartenu à une formation politique pendant et contre la 2ème république ;

Entant qu’analyste, certaines questions se bousculent dans ma tête:
Ceux qui ont accepté d’être avec un gouvernement,  jusqu’à devenir Supers Ministres ou Premiers Ministres et qui ont refusé de démissionner malgré les ratés  et les multiples détournements jusqu’à leur remplacement ou limogeage n’assument-t-ils pas une certaines responsabilités, par conséquent ne doivent-t-ils pas être appelés par le nom qu’ils méritent ? Pourquoi ai-je la désagréable impression que chacun veut fuir son manteau d’ancien Premier Ministre de la 2ème république? La logique voudrait que bien que le passé soit têtu et rattrape vaille que vaille qu’on l’assume à tout point de vue.

Aller jusqu’à l’appartenance ou à une formation politique d’opposition contre le pouvoir qu’on a accepté de servir comme Premier Ministre, nous les mathématiciens appelons cela une équation à solution imaginaire. Pour un homme averti cela n’est pas une opposition pour la cause du peuple mais plutôt une opposition pour une cause perdue, un statut perdu (Perte de primature). Je mesure les mots mais c’est la seule conclusion qu’on puisse tirer. Je dis bien la seule conclusion et non une conclusion.

Par ailleurs, le principe voudrait qu’on ait un respect religieux pour un homme à conviction invariable et par réciprocité le même principe voudrait qu’on prenne avec précaution les propos d’un homme à conviction variable, car une telle conviction est circonstancielle, donc certaines circonstances avantageuses peuvent l’éliminer. En terme scientifique on appelle de telle conviction “Cycle infernale de recommencement de conviction”

C’est un cycle triangulaire du genre:
« Mouvance-Primature-Opposition……. Opposition-Primature-Mouvance………ainsi de suite ».
Où est la conviction dans un tel jeu ? Où est la logique de l’opposition ? Qu’est-ce qu’on veut, qu’est ce qu’on ne veut pas ? Pour qui prennent-t- ils  le peuple dans ce jeu de va et vient ? Une opposition pour le peuple ou pour une cause personnelle perdue ?

Pour finir je rappelle cette citation de Noel Marie «  La politique est affaire de conviction » et  Saint Paul  ajoute « Tout ce qu’on ne fait pas par conviction est péché ». J’estime qu’il est temps qu’on arrête de pécher contre le peuple, car je vois tout dans la politique de l’opposition de ma chère Guinée sauf la conviction.

Guillaume Hawing, chercheur