Le haut représentant du chef de l’Etat, Sidya Touré a cru bon de donner de la voix, pour tancer ses anciens alliés de  l’opposition républicaine, vu que son parti a du mal à se faire une place dans la composition des démembrements de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Une situation créée par son ralliement à la majorité présidentielle. Même si Sidya Touré refuse de reconnaître qu’il s’est tiré une balle dans le pied en pactisant avec un pouvoir de plus en plus « aux abois. »

La composition des démembrements de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), dans la perspective de la tenue des élections communales et communautaires provoque  des sueurs froides chez  l’Union des forces républicaines (UFR) de Sidya. Car cette formation politique qui s’est démarquée de  l’opposition républicaine au lendemain des résultats de la présidentielle du 11 octobre, devra dorénavant assumer sa nouvelle posture. Mais, on a l’impression que l’UFR voudrait tout en étant dans le camp présidentiel, bénéficier des mêmes prérogatives que l’opposition. C’est vouloir d’une chose et de son contraire. Sidya Touré devrait ouvrir les yeux, lui, qui ne se  rend pas compte qu’il s’est aliéné une bonne frange de ses militants, suite au choix qu’il a opéré. Au lieu de faire dans la politique de l’autruche, en déversant sa bile  sur l’opposition. Comme lors de l’assemblée générale de son parti qui s’est tenue samedi dernier.

 « Depuis la dernière fois que j’ai fait des déclarations ici, le 05 décembre 2015, vous m’avez plus entendu parler, parce que, ce que   j’avais à dire, je l’avais déjà dit, à savoir le repositionnement de notre parti, l’Union des forces républicaines (UFR) qui avait décidé, qui décide, qui continue de décider que nous ne faisons pas partie de l’opposition républicaine, constituée telle que nous l’avons vue et que nous l’avons pratiquée. Mais l’opposition est plurielle. Il n’y a pas un diplôme d’opposition qui est remis à quelqu’un. L’opposition c’est celle qui veut s’opposer, il n’est pas dit qu’elle doit s’opposer derrière un parti politique. Dans notre cas qui serait d’être derrière l’UFDG, et que si tu n’es pas derrière l’UFDG, tu n’es pas de l’opposition en Guinée. Cela relève un peu de la pensée unique, qui est un peu la culture que nous avons vu pratiquer ces derniers temps », a tenu à déplorer Sidya Touré lors de cette assemblée générale.

Le président de l’UFR a ensuite lancé dans la foulée : « nous, nous ne reconnaissons pas cela, et nous ne sont  pas ça. C’est très clair, ça  c’est notre décision. C’est la volonté du bureau exécutif du parti. C’est la volonté de nos militants. Mais on peut se poser la question tout d’un coup pourquoi ? », s’est-il demandé. En essayant ensuite de justifier le départ de son parti de l’opposition.

« Pourquoi  notre départ dans cette opposition républicaine, qui est d’ailleurs devenue une opposition aveugle. Ce départ n’a certes pas détruit l’opposition, mais on doit reconnaître que le fait que l’UFR n’y est pas, a largement affaibli la capacité de cette opposition, à réagir concrètement, sereinement, démocratiquement aux problèmes qui se sont posés aujourd’hui dans notre pays.  Ça,  il faut le reconnaître. Mais comment voulez-vous reprocher le pouvoir en place de ne pas donner la possibilité d’avoir des débats sains, d’avoir le dialogue et que vous-mêmes vous refusez ce dialogue à l’intérieur de votre propre parti. Nous avons passé deux ans à l’opposition à essayer de discuter de stratégie. Nous avons passé plus d’une année à discuter de la manière dont on devait aller aux élections présidentielles.  Au début, on a dit que cette discussion n’a pas eu lieu. Après j’ai entendu dire non, on a reconnu, on en a parlé à Abidjan, on en a parlé par-ci par-là. Mais si vous ne donnez aucune possibilité de débattre, mais pourquoi voulez-vous que ceux qui sont en face de vous, eux, ils vous donnent la même possibilité de débattre. Nous avons assisté à une radicalisation de nos ex-amis qui sont devenus des adversaires politiques », a souligné Sidya Touré.

Il a également profité de cette sortie au vitriol, pour rappeler les circonstances dans lesquelles, Cellou Dalein Diallo a fait perdre le perchoir à l’opposition. En se désistant à la veille de l’élection du bureau du parlement, pour des raisons non élucidées.

Pour ceux qui disent aujourd’hui que l’UFR n’est plus de l’opposition, Sidya répond en rappelant que  les responsables de l’UFDG seraient venus le trouver dans l’opposition. « Quand ils sont arrivés, ils m’ont trouvé là. Quand j’étais à l’opposition, ils étaient dans le parti au pouvoir. Et à l’époque, je sais ce qui s’est passé avec l’UPR à Labé lors des élections 2005.  Quand Cellou Dalein était le parrain du PUP là-bas », a-t-il rappelé. Avant d’ajouter : « aujourd’hui nous sommes dans un positionnement dont l’objectif fondamental c’est  comment, est-ce que nous allons sortir notre pays de la situation que nous connaissons. Moi je n’ai pas d’autres préoccupations. Telle est la préoccupation essentielle de l’Union des forces républicaines. A  partir du moment où nous nous sommes aperçu que tout ça là, c’était de la tempête, et qu’il fallait faire en sorte que nous fassions avancer notre pays, après les crises que nous avons connues, après la malgouvernance que nous-mêmes, nous avons démontrée. »

Il a reconnu collaborer avec le pouvoir, pour contribuer à sortir le pays de l’ornière. « Nous collaborons avec Alpha Condé pour essayer d’aller de l’avant. Nous, nous reconnaissons, nous assumons, nous allons le faire, et nous le faisons. On sait où on est exactement. Ceux qui sont perdus, c’est ceux qui  dans leur propre parti,  sont incapables de mettre ensemble leur bureau politique, pour discuter des questions qui sont devenues aujourd’hui existentielles. Nous ne participerons pas à ces réunions d’opposition que nous ne reconnaissons pas. Je peux avouer que depuis le 07 décembre, la prétendue opposition républicaine guinéenne a vraiment beaucoup de problèmes à s’émanciper », a-t-il indiqué.

Ces extraits du discours du président de l’UFR en disent long sur la brutalité de la  rupture entre son parti et l’opposition républicaine. Sauf que Sidya Touré aura du mal à convaincre l’opinion sur le « bienfondé » de sa démarche, qui consister à pactiser avec un pouvoir de plus en plus décrié à cause de ses turpitudes.

Alpha Amadou Diallo in Le Démocrate, partenaire de guinee7.com