Colonel Amara Camara

Hier mardi, en début d’après-midi, il a été demandé au personnel civil du palais Mohammed V de Conakry, siège de la présidence de la Transition et de celui de la Primature, sise en face du Palais, d’évacuer les lieux. Il n’en fallut pas plus pour que la panique gagne toute la ville. Et les rumeurs avec. Le soir, scotchés à la RTG, les Guinéens notamment les journalistes ont attendu en vain un communiqué pouvant les édifier sur ce qui s’est passé au Palais, ou tout au moins des mots qui puissent rassurer la population pendant cette période d’exception. La direction de la Communication et de l’information de la présidence de la transition venait de rater son premier certificat d’aptitude à aider à lutter contre les rumeurs.

D’ailleurs, il faut le dire, le CNRD pêche par sa capacité à (bien) communiquer. Il a ses journalistes et ses médias. Il a des encenseurs de service qu’il préfère pour faire passer le « message ». Cela saute aux yeux. Et pourtant, depuis, le 5 septembre dernier, le colonel Doumbouya et sa clique gèrent la chose publique, par effraction c’est vrai, mais c’est un fait. Et quand on gère un bien commun, on a le devoir de rendre compte au citoyen qui a le droit de savoir.

« La justice sera notre boussole ». Cette belle et ô combien significative phrase du colonel Doumbouya à sa prise de fonction devrait bénéficier à tous les médias. Ce qui signifie que certains médias ne devraient pas être blacklistés par le CNRD et le gouvernement Béavogui.

Ousmane Gaoual Diallo, jadis chargé de communication de l’UFDG, est maintenant le porte-parole du gouvernement et oublie souvent qu’il est désormais au service de tous les Guinéens et n’a pas le droit de choisir « ses » médias et « ses » journalistes pour s’adresser à la population guinéenne.

L’affaire qui a mis en émoi les Guinéens hier, a été traitée en fin d’après-midi, et retrouvée dans des médias proches des nouveaux dirigeants des services de communication du CNRD qui ont apparemment du mal à faire le distinguo entre gérer un service privé et un service public.

Par Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com