Les débats lors du procès sur le cas de l’assassinat du journaliste Mohamed Koula Diallo se sont poursuivis, ce lundi 23 octobre 2017, au Tribunal de première instance de Dixinn. Durant plusieurs heures, Amadou Oury Bah et Abdoulaye Diallo tous de la partie civile, se sont succédé à la barre. Avant de renvoyer la suite des débats pour le 30 octobre prochain, le président de l’audience, Mangadouba Sow, a demandé au procureur de la République de préparer les scellés pour l’audience prochaine.

A la sortie de l’audience, les avocats des deux parties se sont prêtés aux questions des journalistes. Pour Me Alsény Aissata Diallo, un des avocats de la défense : « A l’audience précédente, le tribunal avait suivi Monsieur Bah Oury à la volée comme ça, avait demandé la comparution de quelques personnes, de quelques témoins, d’après lui de moi-même. Mais aujourd’hui, le collectif de la défense a réussi à soumettre au président d’audience un certain nombre de dispositions, d’articles, non seulement de procédure pénale mais aussi la loi portant organisation de la profession d’avocat en Guinée. »

C’est pourquoi, poursuit-il : « Le tribunal s’est finalement rendu compte qu’en suivant M. Bah Oury, le tribunal aurait violé la loi, tant dans le code de procédure pénale que dans la loi portant exercice de la profession d’avocat en Guinée. C’est pourquoi le tribunal est venu sur sa décision, en annulant purement et simplement la comparution des témoins qu’il avait ordonnée. Donc, tous les témoins que Bah Oury avait cités, personne ne va comparaître, le tribunal a annulé. Ce n’est que le début de notre victoire qui va continuer. »

Quant à Me Emmanuel Bamba, un des avocats de la partie civile : « La décision qui a été rendue tout à l’heure, nous a sérieusement surpris, parce que quand la question de convocation et la comparution des témoins a été évoquée, le président du tribunal ne nous a pas laissés, nous la partie civile, pour pouvoir développer nos arguments par rapport à la comparution de ces témoins-là. Vous avez tous assisté à l’audience, le président du tribunal a simplement, peut-être qu’il y avait des tensions, a décidé de suspendre l’audience, sans dire les raisons pour lesquelles le tribunal suspendait. Donc, nous avons été surpris désagréablement, de voir que le tribunal était parti pour délibérer par rapport à la dualité ou non des dossiers qui ont été servis par rapport à la convocation des témoins. »

Selon Me Bamba, cette décision est contraire à la loi. « La décision a été rendue en violation des dispositions du code de procédure pénale, notamment les articles 422 et suivants. Donc, vous vous rendez compte que le tribunal n’a pas rendu sa décision conformément à la loi », soutient-il.

A rappeler que des journalistes ont été agressés par les militants de l’UFDG après l’audience. Ces journalistes voulaient prendre des images d’une altercation entre des pro-Cellou Dalein et des pro-Bah Oury dans la cour du tribunal.

Bhoye Barry pour guinee7.com