El hadj Safioulaye  Bah, un des fils de Elhadj Abdourahmane, défunt imam de Labé, donc issu de l’une des ‘‘grandes familles’’ de la cité religieuse, est aussi un ancien préfet de la localité. Il a décidé de briguer la mairie de Labé, comme candidat indépendant dans une ville où l’UFDG de Cellou Dalein Diallo est reine. Nous l’avons rencontré pour savoir, entre autres, ses motivations. Interview.

Guinee7.com : Maintenez-vous toujours votre candidature indépendante aux élections communales à venir?

El hadj Safioulaye  Bah: Evidement j’ai souhaité être maire de la commune urbaine de Labé. Je maintiens ma candidature.

Qu’est-ce qui motive votre candidature indépendante,  vous pouviez  rejoindre un parti bien implanté à Labé, non ?

J’ai fait le choix de revenir vivre ici à Labé. Parce que l’avenir et le devenir  de cette ville me regardent et me concernent. Je me dis, vu les compétences et les relations qui sont les miennes ainsi que mes objectifs, je souhaite être candidat. J’ai choisi d’être indépendant parce que dès qu’on devient partisan on écarte certaines compétences et expertises.

Alors qu’en étant indépendant, on peut copter dans différents partis des personnes qui ont la même ambition que vous. C’est à dire le développement de la ville de Labé qui est la nôtre; travailler ensemble et aller dans la bonne marche de la société.

Pensez-vous avoir suffisamment d’électeurs pour battre l’UFDG qui est dans son fief à Labé?

Quand on dit que c’est le fief, il faut savoir une chose : En Guinée le vote est ethnique. Il y a un repli identitaire. Les soussous votent pour les soussous, les malinkés  votent  pour les malinkés  et les peulhs également votent pour les peulhs. Ici au Foutah, le candidat à la présidentielle  est un peulh donc le repli identitaire a amené les gens à voter pour lui.

C’est qu’il faut retenir ce sont des familles qui composent l’électorat de l’UFDG. Le président de l’UFDG n’étant  pas candidat, ce sont des personnes de Labé  qui seront candidates et c’est cet électorat qui va se partager.

Nous  avons suffisamment  de voix, vu la notoriété  qui est la nôtre et les résultats qu’on a obtenus durant notre gestion de la préfecture de Labé qui sont appréciés de tout le monde. Ensuite  il faut savoir que la commune est une entreprise pour laquelle il faut faire des bénéfices.

L’annonce de votre candidature est perçue comme un affront par certains que répondez-vous ?

Pas du tout. Nous ne nous présentons pas contre quelqu’un ; nous nous présentons, parce que nous pensons avoir suffisamment de relations et des  compétences  pour développer cette commune. Et comme je l’ai dit, j’ai fait le choix de revenir vivre à Labé. Donc je n’accepterais pas que des gens qui n’ont pas de compétence veuillent diriger la commune.

Labé est une ville sale, mal gérée  et les taxes ne se payent pas correctement. Avez-vous les moyens pour changer la donne si vous êtes élus ?

Alors ce qu’il faut savoir, c’est que la mairie est une entreprise. Il faut savoir se faire de l’argent. Comme ça tu sauras en faire pour les autres. Vous parlez d’insalubrité mais si toute fois les gens payent mensuellement ou  par jour les taxes et retrouvent les mêmes ordures devant chez eux, ils ne payeront plus. Par contre, s’ils ont confiance que les ordures seront acheminées ailleurs ils vont payer.

On dit souvent que Saifioulaye  est autoritaire et sévère, ces accusations ne vous affaiblissent pas ?

Non, pas du tout. Généralement ce sont des personnes de mauvaises fois qui le racontent. Quand une injustice est faite, il ne faut pas attendre d’être  victime pour agir. Et c’est cette philosophie qui est la mienne qui fait que certaines personnes de mauvaises fois qui veulent s’accaparer des biens communs -et  que nous dénoncions oubien que nous empêchons-, qui disent que Safioulaye est autoritaire.

Avez-vous un message particulier à lancer ?

Labé ne mérite pas le sort qui est le sien. Il faudrait que les gens de Labé sachent que la vie d’un homme est limitée dans le temps. Et que nous aussi nous devons profiter de notre passage sur terre. Pour  cela, il nous faut un bien-être commun et bénéficier  du revenu national. Il faut faire en sorte que la jeunesse puisse bénéficier d’emplois. Parce que Labé  a beaucoup d’atouts.

Interview réalisée par Fatoumata Naite Diallo pour guinee7.com

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