Le décret du 30 mars dernier qui a instauré un état d’urgence sanitaire en Guinée, en son article 2 et au point 2 est clair : Les mouvements de personnes de Conakry pour l’intérieur du pays sont interdits. Des dérogations exceptionnelles seront accordées par le ministère de la Santé.

En un mot ou en mille, les sorties de la capitale sont interdites. Et non le contraire ! Selon le décret. Il n’en fut cependant pas plus pour que les escrocs, au nom de la République, placent des barrages sur les routes qui mènent à la capitale. Ces barrages, de gros centres commerciaux filtrent les véhicules et passagers prêts à casser le porte-monnaie. En exemple : en partance de Fria, les passagers sont débarqués au barrage de Bawa (Dubréka). ‘‘J’ai dû payer en tout 150 mille GNF (avant le Covid19, le trajet était à 35 mille GNF) pour rallier Conakry. Arrivés à Bawa, on nous a débarqués. Le chauffeur dit qu’ils leur fait payer beaucoup pour passer. J’ai négocié une moto qui a contourné le barrage à 100 mille GNF. Je suis arrivé à KM 5 (Dubréka) où j’ai repris un taxi pour Kagbelen (porte de Conakry). De là aussi j’ai prix un taxi pour Conakry’’, a témoigné un passager.

Un tenancier de bar aurait payé cinq millions pour faire libérer ses clients    

Si au point 7 du même décret, il est dit que ‘‘tous les bars, salles de jeux, de spectacle, de cinéma et autres lieux de rassemblement sont fermés’’ ; la sanction pour les contrevenants n’est pas explicite : ‘‘Le non-respect de ces mesures sera passible de dispositions disciplinaires.’’

Le flou à ce niveau profite aux forces de sécurité qui font des patrouilles et extorquent d’importantes sommes d’argent aux citoyens. Lundi de Pâques, des forces de Sécurité ont fait irruption dans un restaurant-bar en début d’après-midi à l’entrée du quartier Lambanyi. Ici existe aussi un service de lavage de véhicules. ‘‘Ils sont venus ramasser tout le monde. Certains étaient venus faire laver leurs véhicules. Tout le monde a été pris y compris le tenancier du bar et son épouse. Le couple a payé 5 millions pour avoir sa liberté et celle de ses clients’’, raconte un témoin.

Pire, des agents selon de nombreux témoignages, visitent des motels en banlieue de Conakry pour extorquer des sous aux clients. Un agent d’une banque de la place aurait payé 500 mille pour se tirer de la nasse !   

Focus de guinee7.com