2015 sera l’année tant attendue dans la vie politique du Président Alpha Condé à la tête de la Guinée, depuis cinq. Pour la majorité des Guinéens, même pour ses partisans les plus fidèles, l’heure du bilan de cinq ans de gestion risque d’être difficile pour rassurer que le changement promis en Guinée a été une réalité. Un changement, fondé sur un nouveau système de gouvernance, également axé sur des actes devant poser les fondements d’une nouvelle Guinée. Un pays, où on ne vit plus d’espoir, mais de réalités assurant des lendemains meilleurs pour chacun et pour tous. A la veille du troisième anniversaire de l’avènement de l’opposant historique à la tête de la Guinée, « on est loin du compte ».

Faut-il douter de la bonne foi du Pr Alpha Condé ? Sans doute NON ! L’on se souvient encore qu’avant même d’entrer officiellement en fonction, le Président Alpha Condé a été aperçu sur tous les fronts dans son combat pour le développement socioéconomique de la Guinée. Un pays, dont il attendait marquer le retour sur la scène internationale, d’où le slogan Guinea is back.

Malheureusement, et très tôt, le Chef de l’Etat a été confronté aux velléités d’une opposition politique déchaînée à l’idée que le nouvel homme fort du pays risque de réussir où ils (ces ex-Premiers ministres et Ministres devenus leaders politiques) ont tous échoué.

L’obstacle…

Contrairement à ce qu’on peut croire, le véritable ennemi du régime Condé n’a jamais été l’opposition politique à son pouvoir. Le véritable obstacle pour atteindre le but a été le Gouvernement mis en place en janvier 2011. Une équipe d’une quarantaine de Ministres, dont la quasi-totalité a été nommée pour être récompensée. Quoi de normal. Mais devraient-ils forcément être Ministres ? C’est toute la question. Certains Départements parfois confiés à deux Ministres, alors qu’un seul suffirait.

Malgré le remaniement technique de novembre 2012, le tir n’a pas été rectifié. Pire, l’équipe gouvernementale souffre d’un manque de leadership. Vue la situation du pays, comme hérité par le Président Condé, après une transition militaire chaotique, le profil du Premier ministre ne répondait pas aux défis qui s’imposaient au pays.

L’après législatives 2013

Comme il est de coutume dans un Etat démocratique qu’après chaque scrutin, survient un remaniement gouvernemental, il est évident que la Guinée ne dérogera pas à cette réalité. Aujourd’hui, plus d’un compatriote attend impatiemment l’avènement d’un nouveau gouvernement. A écouter les partisans du Président Alpha Condé, le choix de celui qui aura la lourde charge de diriger le futur gouvernement doit répondre aux aspirations du peuple de Guinée. Un peuple bloqué à la recherche du bout du tunnel.

Justement, il est temps d’apporter sa modeste contribution à aider le Président de la République à faire ce choix ? Aujourd’hui, l’une des rares choses dont les Guinéens s’accordent est le choix de ce Premier ministre capable de transformer le rêve guinéen en réalité guinéenne, comme continue encore à le promettre le Chef de l’Etat. Comme susmentionné, il n’est un secret pour personne (même si ses opposants ne le reconnaitront jamais) que le Pr A. Condé a de bonnes intentions pour le pays. Très fort malheureusement, le choix de l’Homme qui peut valablement le seconder à la tête de l’exécutif lui a toujours fait défaut. Ce qui fait le chou gras de l’opposition radicale, réussissant à bloquer le pays durant trois ans, sous prétexte que les conditions de transparence et de crédibilité nécessaires n’étaient pas réunies pour organiser les récentes élections législatives. Ce, par la faute d’un Gouvernement qui n’a jamais su s’assumer.

Quel Premier ministre ?

Si le Président A. Condé est un politicien expérimenté de la vieille école, force est de reconnaitre qu’il a besoin d’un homme comme lui. Mais de la nouvelle génération, capable d’assumer pleinement son rôle de chargé des affaires intérieures. Un Premier ministre politique, la Guinée en a désormais besoin. D’ailleurs, la crise sociopolitique qu’elle traverse depuis 2011 est illustrative. Durant trois ans, le Président de la République et son cabinet se sont toujours substitués au Gouvernement et à la CENI pour instaurer le dialogue politique et faire avancer le processus électoral.

Une crise qui persiste encore, au vu de la situation sociopolitique stagnante malgré la tenue, le 28 septembre dernier, des élections législatives, dont l’organisation pourtant devait mettre un terme aux blocages. C’est dire que dans les deux prochaines années, le régime Condé ne connaitra pas la paix s’il ne se décide pas à engager des actions concrètes pour, non seulement, mettre fin à la crise sociopolitique, mais aussi, à poser des actes devant rassurer les Guinéens.

Tout Président de la République a besoin d’un véritable assistant qui n’est autre que son Premier Ministre, chef du gouvernement. Alors, le futur Premier ministre guinéen devait répondre à cet impératif, devant amener l’exécutif à restaurer l’autorité de l’Etat qui a encore du mal à se concrétiser.

Outre les compétences politiques, le prochain Premier ministre doit être un technocrate avisé. Un homme capable d’être un véritable coordinateur de l’action gouvernementale ; définir les grandes orientations (méthodologie de travail) et veiller à l’atteinte des objectifs fixés par le management et la liberté de choisir avec le Chef de l’Etat, les Hommes qu’il faut à la place qu’il faut.

Avons-nous besoin d’un appel d’offre international pour s’offrir cet Homme ? Chaque région naturelle de la Guinée regorge de potentialités humaines capables d’assumer cette noble responsabilité. Même si nous restons en Guinée maritime, on en trouvera. D’ailleurs, faut-il rappeler que le Président Alpha Condé a promis de laisser ce poste aux natifs de la région côtière de la Guinée ? Ce, dans le souci de bâtir une nation Guinée dans laquelle toutes les quatre régions naturelles se retrouveront à la tête des institutions républicaines. Si pour l’heure, lui Président de la République vient de la Haute Guinée, le Premier ministre de la Basse Guinée, on laisse entendre que le futur président de l’Assemblée nationale sera originaire de la région forestière. Il est évident que la Moyenne Guinée se retrouvera aussi à la tête d’une des prochaines institutions nationales, sachant que le Conseil économique et social, notamment, attend d’être renouvelé.

Issiaga Soumah