Dans un communiqué radiodiffusé, le 1er février, le ministre de la Défense nationale a annoncé un recrutement au sein de l’armée guinéenne sur l’ensemble du territoire national. A Labé, les jeunes s’activent pour constituer les dossiers demandés afin de postuler. Mais l’obtention des dits dossiers constitue un véritable parcours du combattant. Au tribunal, tout comme au service de médecine légale et à la direction préfectorale de la santé, les postulants éprouvent d’énormes difficultés, rapporte le correspondant de Guinee7.com

Depuis l’annonce du recrutement au sein de l’armée guinéenne, les jeunes de Labé se bousculent au TPI, au service de l’Etat-civil, à la DPS, mais aussi au service de médecine légale, afin de compiler les dossiers à fournir. Ce recrutement est une aubaine d’emploi pour les jeunes. Au TPI de Labé, trois dossiers sont demandés : un casier judiciaire, un certificat de nationalité et le jugement supplétif pour ceux qui ne disposent pas d’extrait de naissance. Les jeunes nécessiteux de ces documents dénoncent la lenteur dans la délivrance de ces documents, mais aussi le prix qui ne fait que grimper chaque jour.

« J’ai passé plus de deux semaines ici, je dois trouver trois documents (un casier judiciaire, un certificat de nationalité et le jugement supplétif) ; non seulement ils sont excessivement lents ici, mais ils augmentent les prix chaque jour. J’ai demandé le prix de chaque document avant ce recrutement. Chaque document coûtait 15.000FG, mais aujourd’hui l’unité se négocie entre 40.000 à 50.000FG. C’est dommage ; ils n’ont pas pitié de nous », regrette Abdoulaye Pathé Baldé.

Selon le constat fait sur place, nombreux sont les jeunes qui prennent un jugement supplétif à la place de l’extrait de naissance, afin d’avoir le certificat de nationalité et le casier judiciaire ; l’obtention de ces documents n’étant possible que pour les natifs de la préfecture de Labé.

Parmi les dossiers à fournir, figure le certificat de visite et contre-visite médicale. Au service de médecine légale de l’hôpital, l’affluence est grande, mais les préalables sont respectés, selon le responsable dudit service. « A défaut de faire un bilan complet, certains tests sont obligatoires: La SRV pour le VIH, l’antigène HBS pour l’hépatite B et le groupement  sanguin. Ces examens sont obligatoires pour l’obtention du certificat. Il y a une forte affluence, mais nous respectons ces préalables à la lettre. Le certificat coûte 30.000 FG et ça c’est depuis toujours. On n’a rien augmenté. Dans notre service, c’est le résultat des examens que nous mentionnons sur le certificat. Ce qui fait qu’on retrouve des cas d’”aptes” ; “aptes sur réserves” et “inaptes”. Pour les cas d’”inaptes”, on explique clairement au concerné qu’il ne peut faire le test de recrutement qui est basé sur certaines conditions physiques. Si nous délivrons des certificats ; par exemple nous mettons “apte” pour quelqu’un qui ne l’est pas, nous sommes passibles de poursuites judicaires après, s’il y a des problèmes. Mais ce que je regrette, c’est le fait qu’ailleurs, le certificat est délivré sans le moindre examen », confie le docteur Amadou Mouctar Diallo.

L’autre difficulté, à laquelle font face les postulants, est le lieu du dépôt des dossiers. Au siège de la préfecture, la commission de réception des dossiers n’est composée que de deux cadres. La salle des cérémonies de la préfecture est tout le temps bourrée de monde. Sur place, les dossiers sont toujours reçus. La date limite du dépôt de dossiers était préalablement fixée pour le 1er mars 2019 ; mais cette date a été prorogée sine die.

A la date du 6 mars, 927 postulants étaient inscrits.

Mohamed Samoura pour Guinee7.com

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