Trois leaders de l’opposition, en occurrence Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré et Lansana Kouyaté, ont eu une rencontre à Paris pour statuer sur les manœuvres à entreprendre pour empêcher la tenue des élections présidentielles le 11 octobre prochain, selon le chronogramme de la CENI. De ce qui est ressorti de ces conciliabules, il apparait clairement que l’opposition entend rendre le pays ingouvernable afin de favoriser une nouvelle transition, puisque, au terme de la loi, passé le délai constitutionnel des élections, l’actuel président sera illégitime. Fodé Oussou Fofana de l’UFDG n’en dit pas moins quand il déclare « qu’on va rendre le pays ingouvernable ». Même son de cloche chez le tonitruant Aboubacar Sylla dont on ne sait pas d’où lui vient sa haine viscérale contre Alpha Condé qui emploie bien une de ses sœurs en qualité de conseillère chargé du secteur privé. Pour ce monsieur qui n’a pas la laideur d’Esope mais s’apparente à lui par la taille, « tous les moyens sont réunis pour faire partir Alpha Condé ». Pour réussir dans leur stratégie de déstabilisation de la Guinée les frères Caïn ont revu à Paris les modalités de la mise en place d’un gouvernement de transition chargé d’organiser les futures présidentielles. C’est un véritable complot qui a été arrêté à Paris pour « faire partir par tous les moyens Alpha Condé », et dans ce but « toutes les options sont envisageables » pour reprendre l’ancien ministre Tibou Kamara.

Il s’agit pour l’opposition de retirer tous ses députés de l’Assemblée nationale, ne plus reconnaître l’actuelle Ceni dont elle est pourtant membre, remplacer les présidents des délégations spéciales par ses députés élus dans ces communes, et, touche finale de la subversion, reprendre les manifestations de rue qui, si tout se passe ‘’bien’’, occasionneront un nombre incroyablement élevé de morts qui amènera l’armée à intervenir. Ou à tout le moins, que ces manifestations débouchent à un scénario tel que le Burkina Faso a connu. L’essentiel étant le départ du professeur Alpha Condé. Pour se faire, l’opposition a déjà noué des contacts avec des militaires égarés mais surveillés par les services de renseignement. Qu’importe le nombre de morts, pourvu que l’on puisse assouvir sa soif de pouvoir. Mais si Sidya Touré et Cellou Dalein sont d’accords pour ce scénario de prise de pouvoir, Lansana Kouyaté lui serait hésitant. L’homme ne serait pas prêt à marcher sur des cadavres de Guinéens pour atteindre l’objectif de faire partir Alpha Condé. Ce qui se dessine est très grave et l’opposition aurait intérêt à revoir sa copie surtout que les populations ne sont plus prêtes à servir de moutons de sacrifice. Cette population se rappelle qu’après les événements du 28 septembre, Sidya Touré, Cellou Dalein Diallo et Jean Marie Doré ont reçu chacun de la transition 2 milliards de francs guinéens pour remplacer les vitres de leurs maisons cassées par des militaires du CNDD. Les victimes et les familles endeuillées du 28 septembre n’ont jamais vu la couleur de cet argent. C’est pitoyable et indignes de personnes qui aspirent à gouverner ce pays. Le jeu du syndicat des anciens premiers ministres étant déjà connu, il appartient à l’Etat de prendre toutes les dispositions utiles et énergiques pour déjouer ce complot. De toutes les façons, advienne que pourra, les élections présidentielles auront lieu à la date indiquée par la Ceni. Et il faudrait que chacun sache que l’immunité d’un député peut être levée.

Madeleine Sagnon

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