Le chef de l’Etat guinéen a, dans une adresse à la nation ce lundi 13 avril, annoncé que le port du masque est désormais obligatoire en Guinée, à partir du samedi 18 avril 2020. Une mesure qui aurait pu être accompagnée d’un appui généreux de l’Etat à l’endroit des Guinéens, en cette période de pandémie.

Le président Alpha Condé a d’ailleurs annoncé les sanctions face aux contrevenants de cette mesure. 30 000 fg, c’est la somme à payer au cas où certains citoyens tentent de braver cette interdiction. Alpha Condé a surtout –et c’est ce qui attire notre attention- encouragé la fabrication des masques locaux. Pour s’en procurer par contre, les Guinéens devront piocher dans leurs économies ou compter sur la générosité de leurs patrons (pour ceux qui en ont), car le président a encouragé ces derniers à trouver des masques pour leurs collaborateurs.

Le numéro un guinéen est allé jusqu’à fixer une barre à ne pas franchir dans le cadre du prix desdits masques. Ils devront être revendus à 2500FG au maximum, contrairement aux masques chirurgicaux, vendus eux à 10 000FG.

La question que l’on se pose tout de suite est celle de savoir, quelles sont les mesures d’accompagnement et pour les fabricants et pour les citoyens à la base ? On ne peut pas trouver de réponse claire, si ce n’est ce passage du discours : « Le gouvernement prendra toutes les dispositions pour inciter la production locale des masques communautaires et en obliger le port. » Pourtant l’aide à ce niveau peut paraitre parmi les plus modiques. Explications!

Dans le plan de riposte contre le covid-19, lu par le premier ministre Kassory Fofana le 6 avril dernier, dont le coût global s’élève à 1 125 milliards de nos francs, il est dit dans le volet social que : « l’Agence nationale d’inclusion économique et sociale (ANIES), fer de lance de la politique sociale du Gouvernement,  commencera à exécuter, à partir de cette semaine, un plan d’urgence de 439 milliards de francs guinéens, déjà disponibles, pour mener une campagne de sensibilisation et la distribution de kits de protection, la réalisation de travaux à haute intensité de main d’œuvre (HIMO) destinés à assainir le cadre de vie à Conakry, et la réalisation de transferts monétaires pour 240 000 ménages vulnérables visés (soit 1,6 millions de Guinéens)».

Il y a donc en réalité 439 milliards GNF utilisables à l’instant T. Dans la sensibilisation et la distribution de kits de protection. En considérant ou peut-être en incluant dans « kits de protection », les masques, l’Etat a suffisamment de moyens pour faire son devoir d’assistance ou du moins faire preuve de ‘’générosité’’.

En guise d’exemple, supposons que l’Etat veuille distribuer gratuitement un million de masques aux populations des zones les plus touchées par le covid-19. En raison de 2 500 GNF l’unité, le gouvernement aura à débourser aux fabricants locaux, une somme de deux milliards cinq cents millions GNF (2 500 000 000 GNF), dans un budget de 439 milliards GNF, il faut dire que ça devrait se faire.

Ce don ne règlerait peut-être pas définitivement la situation, mais pourrait permettre de franchir un palier, mais surtout marquer la présence de l’Etat auprès des citoyens.

Alpha pour Guinee7.com