L’ex-chef de la junte Moussa Dadis Camara dont la candidature à la présidentielle du 11 octobre prochain a été annoncée récemment, se préparerait à rentrer au pays. Des tractations auraient commencé dans ce sens, du côté de Ouagadougou en vue de permettre à l’ancien putschiste de rentrer au bercail.

Après avoir annoncé sa candidature à la présidentielle du 11 octobre prochain, le retour de Moussa Dadis Camara alimente dorénavant la chronique dans la cité. Ses proches disent que ce retour est imminent. C’est du moins ce que l’on apprend du côté du FPDD, son parti. Cela n’est certes pas faux. Car le capitaine Dadis Camara a bien l’intention de revenir au pays, après avoir passé 5 ans au Burkina Faso. Pays qu’il avait rejoint après ses soins au Maroc, où il avait été évacué  d’urgence, après son altercation avec son ancien aide de camp « Toumba » Diakité le 3 décembre 2009, dans la garnison du camp Koundara. Moussa Dadis Camara ne se considère d’ailleurs pas comme étant sous la contrainte de rester hors de la Guinée. Pour quelques raisons que ce soit. Car  s’il doit répondre des faits concernant le massacre du 28 septembre, ce sera devant un tribunal guinéen. La Guinée s’étant engagée auprès de la communauté internationale pour faire toute la lumière sur cette affaire. Les ONG de défense des droits humains dont la FIDH qui dénoncent la candidature de Dadis à la présidentielle arguant qu’il devrait répondre d’abord de son rôle dans les événements du 28 septembre ont essuyé la réaction de son avocat  Me Jean Baptiste Jocamey,  qui qualifie ce  rapport de « rapport taillé sur mesure publié par leurs auteurs uniquement dans le dessin de porter atteinte à l’honneur et à la considération de son client, le président Dadis, aux yeux de l’opinion nationale et internationale. »

Le conseil du président du parti Forces patriotiques pour la démocratie et le  développement (FPDD) relève « une  violation  des lois de la République, notamment celles relatives à la présomption d’innocence, à l’indépendance des magistrats et au secret de l’instruction», dans sa réplique.

Rappelant « qu’une ONG n’est pas un parti politique mais une entité de la société civile. Et en tant que telle, elle doit se caractériser par sa neutralité, son impartialité, sa transparence et son objectivité », souligne l’avocat. Qui affirme que « dès lors qu’une ONG s’écarte de ses principes directeurs qui fondent sa crédibilité, elle ne peut plus ni se servir, ni servir ses membres, ni servir ceux à qui elle s’adresse. »

Cette réaction de Me Haba  prouve à suffisance que Moussa Dadis Camara n’entend pas se morfondre à cause du massacre du 28 septembre. Et qu’il compte bien jouir de ses droits, en l’occurrence celui de se porter candidat à la magistrature suprême.

Pour ce qui est de son retour, du côté du Burkina Faso les choses seraient en train de s’activer, selon nos informations. Ce retour va se jouer en différentes étapes.  Dadis devrait remercier d’abord les autorités de la transition pour l’accueil et l’hospitalité du peuple et des autorités burkinabè. Puis demander la route comme le recommandent nos us et coutumes. Une fois cette étape franchie, il devra informer le gouvernement guinéen de son intention de regagner son pays. Quitte à celui-ci de lui accorder ou non  des moyens logistiques, pour faciliter son voyage. C’est dire que Dadis ne rentrera pas en catimini. Même si son retour ne fera pas l’objet d’un battage médiatique, histoire de pallier à tout « débordement », à en croire nos sources. Pour le moment aucune date n’est fixée pour ce retour, vu la « délicatesse » de la situation. La seule chose qui demeure pour le moment évidente, c’est que pour être candidat à la présidentielle, il faudra à Dadis d’être présent sur le territoire guinéen.

Aliou Sow In Le Démocrate