Abdoulaye Sow, patron de la Fesabag

Fesabag, c’est la fédération syndicale professionnelle des banques et assurances. Dans la lutte syndicale, elle est à l’Ustg, ce qu’est la fédération syndicale des enseignants pour la CNTG, c’est-à-dire son bras armé. Piquant une de ses colères, la FESABAG a improvisé un débrayage le jeudi 14 août dans le système financier guinéen, sous prétexte d’attirer l’attention des décideurs sur les risques de faillite de deux établissements bancaires : PRIDE et Yètè Mali. Les banques qui ont fermé en obéissant au mot d’ordre du syndicat devraient poursuivre la fronde au lundi 18 août. Mais entre temps, une déclaration radiodiffusée de la FESABAG est venue la veille suspendre la grogne, grâce disent ses responsables à la signature d’un protocole d’entente entre la BCRG et le syndicat.

Sauf qu’aussi étonnant que cela puisse paraître, Yètè Mali, une institution de micro-finance qui était sensée être secourue par la FESABAG s’est complètement désolidarisée du débrayage tout en criant à la conspiration de leur syndicat. Ses responsables au plus haut niveau, notamment son président de Conseil d’administration, Youssouf Sangaré et son directeur général, Karamo Condé ont animé un point de presse pour éclairer les opinions sur les véritables raisons du débrayage du jeudi. Sur la foi de leurs déclarations, Yètè Mali est plutôt victime d’un règlement de compte de l’ancienne directrice générale adjointe de l’entreprise, Mariam Diallo, limogée par le conseil d’administration qui refuse de digérer sa disgrâce. Dès lors, dit-on, elle voudrait tout simplement plonger Yètè Mali qu’elle présenterait comme un établissement menacé d’aller bientôt à la faillite. Et pour cela, Mariam Diallo est accusée d’avoir mis à contribution, son camarade de promotion Abdoulaye Sow, secrétaire général de la FESABAG qui aurait ainsi embarqué toute sa structure syndicale dans un combat qualifié de personnel.

En tout état de cause, le week end dernier, une radio de la place a confronté les protagonistes de cette crise, Abdoulaye Sow d’un côté et Condé et Sangaré de l’autre. Si le premier s’est abstenu de confirmer une quelconque difficulté financière de Yètè Mali, il a tout de même relevé qu’il y a des problèmes dans cette institution, allant jusqu’à indexer l’ethnocentrisme dans sa gestion. Tandis que les seconds eux se préoccupaient de rassurer leur clientèle qui ne doit rien craindre de la part de leur banque qui serait créditée de plus de 27 milliards de francs dans ses comptes. L’objectif pour eux étant évidemment d’éviter le découragement de leur clientèle qui semblait comprendre dans les messages véhiculés par la FESABAG que les déposants pourraient subir le sort de ceux de la défunte BADAM qui battent actuellement le pavé à Conakry pour recouvrer leurs 36 milliards de francs.

A la lumière de ce qui précède, beaucoup se demandent si la FESABAG n’a pas exagéré en comparant les situations de la BADAM et de Yètè Mali. Le syndicat a-t-il été manipulé dans cette affaire ? Si oui, Abdoulaye Sow a-t-il agi en toute connaissance de cause ou a-t-il été roulé lui aussi dans la farine par dame Mariam Diallo ? En tout cas, le protocole d’accord signé avec la BCRG ne fait mention nulle part de difficultés financières de Yètè Mali.

En attendant, l’institution de micro-finance, elle a pris le devant en se désaffiliant purement et simplement de la FESABAG au profit de la COSATREG de Yamoussa Touré, non sans se réserver le droit d’envisager d’autres mesures de représailles de leur désormais ancien syndicat.

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