Ce 15 avril sur la ligne Labé/Diawbhè

Depuis des semaines, le calvaire des passagers de l’axe Labé-diawbhè  s’accentue. Et l’attente de l’ouverture de la frontière guinéo-sénégalaise devient longue et très longue pour ceux qui vivent de ce tronçon. Ici la principale question est : quand finira le calvaire ? La gare routière de Diawbhè a perdu son ambiance habituelle, les passagers ou certains citoyens s’y pointent parfois non pas pour voyager mais pour avoir des renseignements sur une éventuelle ouverture de la frontière. Ici les chauffeurs rencontrés baignent dans l’amertume.

« Le Sénégal banni les Guinéens mais sollicite nos denrées »

Abdourahim Haidara, L’un des habitués de l’axe s’exprime avec plein de chagrin : ‘‘J’avoue que les problèmes persistent à la frontière et  en Guinée et du coté du Sénégal et pourtant le quotidien des milliers de personnes dépend de cet axe. Récemment certains qui souhaitaient rentrer en Guinée ont voulu forcer le passage mais ils ont été dissuadés par la majorité du groupe, coté guinéen ils sont nombreux à abandonner leur activité au Sénégal et sont venus en Guinée pour des raisons de familles et jusqu’à ce matin ils sont bloqués parce que la frontière est l’unique passage pour le pauvre citoyen comme nous. Ça m’a fait très mal quand j’ai appris que des camions sénégalais avaient franchi la frontière guinéenne pour charger des denrées locales pour Diawbhè. La transaction s’est effectuée en territoire guinéen et ils sont repartis. Ça veut dire que le Sénégal banni les Guinéens mais sollicite nos denrées. Parfois j’en veux au gouvernement guinéen qui a trop d’état d’âme vis-à-vis de nos pays voisins alors qu’eux n’ont pas d’estime pour nous. Ce jour si on les avait empêchés de rentrer en Guinée, Macky Sall et son gouvernement allaient vite revenir sur leur décision, mais les gardes frontaliers nous ont faits comprendre que c’était la seule façon d’aider.  Sinon c’est la marchandise de nos compatriotes qui allaient pourrir aussi sur la route et nous avons trouvé l’argument solide. Comme la lutte conte Ebola est encourageante on devrait ouvrir maintenant.’’

‘‘Le racket par des forces de sécurité routière des deux côtés de la frontière’’

Un autre chauffeur, Maitre Abdoul Touladioya, raconte: ‘‘nous n’étions pas informés que suite à l’épidémie que la frontière allait être fermée. Présentement nous sommes là, nous n’avons aucune nouvelle de l’autre côté. Ils  ne nous laissent pas passer. Lorsque la frontière a été nouvellement fermée moi j’étais en Gambie, nous n’avions pas eu des difficultés pour revenir en Guinée le ton n’était pas encore durci. Mais d’autres difficultés ont surgi sur la route, c’est par exemple le racket par des forces de sécurité routière des deux côtés de la frontière. On ne savait plus qui était le loup entre les services guinéens et ceux étrangers on nous a toutefois réclamés des montants sans état d’âme et sans scrupule.’’

‘‘Certains malins tentent de rallier le Sénégal via la Guinée-Bissau’’ 

A en croire Maitre Souleymane Diallo, la crise est perceptible à l’intérieur du pays notamment entre Labé et Koundara et certains malins tentent de rallier le Sénégal via la Guinée-Bissau : ‘‘Certains passagers vont vers Sarè-Bhoydho (Koundara) jusqu’en Guinée Bissau dans l’espoir de rallier le Sénégal en vain parce que une fois qu’on voit une plaque guinéenne, on vous oblige de retourner, finalement ils reviennent à Koundara. Chaque jour les gens espèrent franchir la barrière, certains sont bloqués à Koundara par manque de transport d’autres aussi sont même tombés malades. Tant que vous êtes à Labé ici vous n’allez jamais connaitre le calvaire qui sévit sur l’axe.’’

Ici sur la ligne Labé/Diawbhè, beaucoup se réjouissent de la bonne nouvelle donnée par les autorités sanitaires. Nouvelle selon laquelle la fièvre ébola est en train d’être maitrisée. Et espèrent bientôt reprendre le trafic.

Alpha Ousmane Bah, correspondant à Labé