Routes guinéennes : La trahison des entreprises prédatrices et de leurs parrains de la haute administration publique (Par Dr Sidiki Cissé)

En dépit de la volonté maintes fois affirmée par l’ancien Président de la République, le Professeur Alpha Condé, de hisser les routes guinéennes au rang des meilleures de la sous-région, volonté traduite dans les faits par des millions de dollars investis dans le secteur, les bandits à col blanc tapis dans les hautes sphères de l’administration publique et leurs fripouilles d’entrepreneurs, réussiront à transformer cet espoir et ces immenses sacrifices en un véritable cauchemar.

Circuler à Conakry et à l’intérieur du pays est devenu un parcours du combattant, parsemé d’innombrables et insoupçonnables obstacles pour les usagers.

A Conakry, chaque quartier, ou presque, a son lot de nids de poule, ses cratères de rue ou d’autres inconforts.

Pour le voyageur  vers l’intérieur du pays, l’enfer commence dès  Kagbélén  où le maître d’ouvrage  de l’échangeur  en construction (un excellent projet à saluer), aura impitoyablement   ignoré l’aménagement des voies de déviation ; ainsi,  confrontés à  des  ruelles et sentiers caillouteux et tortueux, au rythme de l’escargot, des centaines de véhicules se fraient difficilement un chemin, avec pour conséquences l’usure précoce des pièces mécaniques et un état de grande  exténuation  pour les usagers.

L’entretien routier quasi invisible sur le terrain, a donné l’impression de s’être littéralement transformé en un tonneau des danaïdes qui ne servait qu’à engloutir des sommes colossales pour alimenter les poches des prédateurs de la République.

Par des appels d’offre de transparence indigo, par de simples marchés de gré à gré ou par des pseudo travaux d’urgence inventés et exécutés à la va vite, à l’orée de la saison pluvieuse ou parfois même en pleine saison, sans pitié ni crainte, ces sangsues ont siphonné nos maigres ressources.

Pourtant au temps colonial, sous la première République et même durant  quelques  années sous le régime du Général Président, Lansana Conté, avec infiniment moins de moyens financiers, les subdivisions des TP  assuraient un entretien régulier et  relativement satisfaisant des routes ; ces subdivisions régionales appelées aujourd’hui Sections préfectorales des travaux publics, étaient  dotées d’un personnel dévoué et expérimenté, avaient chacune, à  disposition, du petit matériel (pelles, brouettes, coupe coupes, etc..), un camion benne, des fûts de bitume (goudron), un gradeur, un bulldozer et une pelle chargeuse; des moyens qui leur permettaient d’intervenir promptement  pour  procéder à des travaux de réparation  pas trop lourds, et par le biais des cantonniers, bouchaient les trous, coupaient les herbes et les branches d’arbres qui débordaient, des 2 côtés de la route,  jusqu’à la limite avec  la préfecture avoisinante.

En plus des interventions des brigades des TP, il faut relever le travail remarquable qui était abattu par le Génie route de l’armée, aussi bien dans l’entretien que dans l’ouverture des routes.

Il serait intéressant de rappeler aussi qu’au-dessus des subdivisions préfectorales, il y avait les inspections régionales (Gouvernorats), chargés de la coordination au niveau régional, et mieux  équipés pour exécuter les travaux dépassant les capacités des directions préfectorales.

En raison de son utilité qui était reconnue par tous, la subdivision régionale des TP était un service apprécié et respecté, et son directeur, un personnage important de sa localité.

Aujourd’hui, le chef de section des TP au niveau de la préfecture, l’équivalent du chef de subdivision d’antan, n’est qu’un simple faire  valoir pour des marchés acquis à Conakry, dans des conditions dont il n’a aucune connaissance ;  ne disposant  pour tout matériel  que d’une simple moto qui lui permet de  se « promener »  dans sa zone de compétence pour constater, impuissant, les dégâts.

Cette déplorable situation actuelle de nos routes tire son origine de la centralisation à outrance de l’entretien routier intervenue sous le  régime militaire, après le 3 avril 1984 , et de la mise à mort durant la même époque,  de la SOGUITRO ; pendant que le capital humain expérimenté et qualifié du  personnel  des  TP était délaissé pour l’essentiel, l’impressionnant capital matériel  composé de machines de toutes sortes,  appartenant à la SOGUITRO et aux subdivisions ( régionales ou  préfectorales), tombera  purement et simplement dans les mains de  l’affairiste   Guido Santullo  et  dans celles  d’autres opérateurs économiques guinéens à la moralité douteuse, qui s’avèreront incapables de  sauvegarder  le précieux héritage de l’entreprise qu’ils venaient de dépecer.

Créée en 1999 sous la tutelle du ministère des Travaux publics, à l’initiative des partenaires techniques et financiers de la Guinée, la Société Guinéenne des travaux routiers (SOGUITRO), qui prendra le relais des 4 projets routiers (2 sous la1ière et 2 sous la 2ième ) qu’aura géré l’OPR (office du projet routier), jouissait d’une  grande autonomie de gestion, et disposait d’un personnel qualifié et d’importants moyens financiers et motorisés qui lui permettaient d’intervenir sur toute  l’étendue du territoire, dans une harmonieuse complémentarité avec les démembrements des TP.

Elle était organisée en différents brigades d’intervention comme la BUC (brigade urbaine de Conakry), des brigades régionales (4), et autres brigades légères. Elle disposait également d’un centre de formation, et pouvait, sur demande, louer aux PME naissantes, des engins routiers à des coûts nettement moins onéreux que ceux pratiqués par les sociétés privées d’alors ; malheureusement, les combines des affairistes conduiront en 2004, à l’extinction totale de cette grande entreprise qui aura largement fait ses preuves, aussi bien dans l’entretien que dans la construction des routes.

C’est en 1989 que le département chargé des travaux publics mettra fin à l’entretien routier qui se faisait en régie directe par les démembrements régionaux du département, en le ramenant au niveau central.

Cette décision sécrètera une lourde bureaucratisation dans la procédure d’exécution des travaux d’entretien qui, à son tour, enfantera toutes les pratiques malsaines que l’on observe malheureusement aujourd’hui dans le secteur des TP (travaux publics).

Pour inverser la tendance, autrement dit pour avoir des routes mieux entretenues, sous réserve d’une gouvernance améliorée qui incombe dorénavant au Président du CNRD et à ses compagnons dont les actes déjà posés sont rassurants pour tous, nous pensons que les mesures suivantes pourraient être envisagées :

-création sous la tutelle du ministère des Travaux publics, d’une EPA , à l’image de la SOGUITRO.

-décentraliser l’entretien routier en dotant les démembrements régionaux, préfectoraux et communaux des TP, de moyens matériels et financiers adéquats ;

-donner au personnel de ces structures une formation de base sur les techniques d’entretien routier ;

-organiser régulièrement des inspections dans les démembrements en vue d’évaluer leur performance.

Après  avoir indiscutablement  relevé le défi de l’électrification, du moins dans une bonne partie du pays, notamment le Grand Conakry, la Guinée, sous la conduite du champion du RPGAEC, le Professeur Alpha Condé, s’apprêtait à engager  victorieusement  la bataille de la route, comme l’autorise à penser  la réalisation  des projets ci-après dont les bouclages financiers seraient déjà obtenus, selon les dires de l’ancien  Ministre du budget, Monsieur Ismael Dioubaté :coyah–Farmoryah, Coyah–Dabola-Kouroussa, Guéckédou- Kondébadou, Boké- Kébo(Frontière Guinée Bissao), Kérouané-limite Beyla.

Désormais, il est de la responsabilité des nouvelles autorités de faire aboutir ces ambitieux projets routiers initiés sous la gouvernance d’Alpha Condé, le bâtisseur incompris,  et malheureusement trahi par de nombreux cadres de l’administration centrale  en qui il avait  placé une confiance  aveugle pour l’instauration   d’une gouvernance vertueuse dans tous les domaines(économique, financier et démocratique).Tirer  toutes les leçons  de ce passé  récent devient, dès lors, une obligation  urgente pour le CNRD.  Même si noircir cyniquement  et systématiquement le tableau du Président sortant  est une spécialité bien guinéenne, le plat préféré que le Guinéen a toujours  de mieux à offrir à tout nouvel arrivant à  la magistrature suprême du pays, de  l’Indépendance à nos jours, on est malgré tout  bien obligé de reconnaitre qu’ aucune vilénie, aucune méchanceté, ne saurait occulter le fait que les admirables et nombreuses  réalisations des fêtes  tournantes de l’Indépendance, et celles obtenues grâce à l’ANAFIC et au  FODEL, qui ont quelque peu changé positivement l’image  de nos villes et campagnes, sont indissociables de la gouvernance du PRAC dont le bilan , comme toute œuvre humaine, ne saurait être qualifiée de parfait ;  quand bien même que  le bébé laissé par le Professeur Alpha Condé n’est pas aussi propre qu’on l’aurait voulu , alors, tous ensemble, toilettons  le, toilettons le   mieux , afin d’  éviter  de reproduire les erreurs du passé, en jetant le bébé  avec l’eau du bain ! Afin de contribuer à la réussite de leur mission et pour les prémunir contre les approches ensorcelantes à visée prédatrice de ces entrepreneurs “vautours’’ qui ont fait tant de mal à ce pays, et qui squattent déjà assidûment   le QG du CNRD, qu’il nous soit permit de faire  aux nouveaux  dirigeants , quelques  recommandations et suggestions.

Recommandations

Si la construction ou la reconstruction d’une route est une étape  importante  dans le développement économique d’un pays, son entretien régulier constitue un défi permanent auquel il conviendrait d’ accorder la plus grande attention.

Construire des routes sans penser à leur entretien est  donc un gâchis qu’il faudrait éviter à l’avenir .

Les routes, sous réserve d’un contrôle régulier et sérieux, sont mieux entretenues  par ceux qui « vivent » avec elles, c’est-à-dire les démembrements des TP que sont les subdivisions .

Suggestions

Objet de toutes les convoitises  aujourd’hui, notamment de la part d’entreprises mafieuses, nous  appelons le  CNRD à  la plus grande vigilance et suggérons ce qui suit :

-faire un audit exhaustif des routes et pistes rurales entretenues ou construites dans tout le pays au cours des 10 dernières années, afin de débusquer ces entreprises nocives, coupables du calvaire que nous vivons aujourd’hui  sur nos routes.

-écarter des marchés publics  pour une période allant de 5 à 10 ans, tous  les entrepreneurs, guinéens ou  étrangers, dont les travaux exécutés auront  connu  une détérioration précoce durant la période sus indiquée. Par leurs actions destructrices, ils ont saboté, dans le domaine routier, les ambitions et les  efforts du Professeur Président  Alpha Condé,  cet incontestable artisan du développement prodigieux du secteur minier guinéen et  constructeur émérite de barrages hydroélectriques ; 2 barrages achevés, Kaleta et Souapiti, et un  troisième en chantier, Amarya, en 11 ans de Présidence (plus de 1000MW contre moins de 200 MW de 1958 à 2010) ; ces individus malfaisants et leurs protecteurs dans les hautes sphères de l’administration centrale  doivent par conséquent être tenus pour les véritables responsables de l’état de défectuosité extrême que connaissent actuellement  nos routes.

– à l’avenir, poursuivre pénalement  toute entreprise qui  se rendrait  coupable  d’exécution de travaux  non conformes  au contenu de son  cahier de charges.

L’avènement du Colonel Mamadi Doumbouya et ses amis du  CNRD étant un fait  unanimement accepté aujourd’hui par l’ensemble des forces politiques, sociales et religieuses de notre  pays, prions  afin  que le Tout Puissant   les éclaire  sur le chemin du  dialogue inclusif  et les protège des flagorneurs, des haineux ,des revanchards et des ethnos.

Merci au CNRD pour avoir ignoré les calomnies et les souhaits sataniques de ceux qui voulaient  voir le Professeur Alpha Condé dans des difficiles et dégradantes conditions de détention !

QU’ALLAH leur donne la sagesse de continuer à  préserver la dignité, l’intégrité morale et physique du PRAC, dont la libération rapide ne pourrait que  renforcer l’important capital de confiance et de sympathie que leur témoigne la majorité de la communauté nationale, et une partie de la communauté internationale !

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