C’est au moment où le Premier ministre, Mohamed Saïd Fofana, s’apprêtait à organiser à Conakry une campagne contre Ebola, histoire d’imiter Ibrahima Kassory Fofana (ils sont tous deux de Forécariah), qu’un foyer de résistance contre l’épidémie s’est organisé dans sa préfecture natale. Les populations de Forécariah se sont opposées à l’évacuation du corps d’une femme atteinte du virus Ebola sous le prétexte que cette maladie n’existe pas dans leur préfecture. Elles s’en sont prises aux installations du ministère de la Santé et ont vandalisé le bureau du directeur préfectoral de la Santé. Il faut signaler que ces événements surviennent au moment où la Cellule de coordination contre Ebola s’apprêtait à mettre en place un centre de transit à Forécariah.

C’est l’occasion où jamais pour notre Premier ministre – qui aime à faire des excursions politiques dans cette préfecture – de s’y rendre et de se montrer une fois utile en sensibilisant ses parents sur la gravité de cette maladie. C’est sur ce terrain là qu’on l’attend et non celui de Conakry déjà occupé par Ibrahima Kassory Fofana depuis le 18 septembre 2014 période à laquelle il a procédé à une tournée de sensibilisation, de distribution et de mise en place de kits d’hygiène dans les mosquées, églises, gare-routières, marchés, cimetières, abattoirs et débarcadères de la capitale.

Alors que la rumeur annonçait Kassory Fofana comme successeur de Saïd Fofana à la Primature, l’action d’envergure du premier n’était pas pour rassurer le second qui se préparait à en faire autant à Conakry. Et vint la surprise de Forécariah contre Ebola. Le Premier ministre n’aurait-il finalement pas commencé le travail de sensibilisation à partir de chez lui ? En tout cas, pour le GPT de Kassory Fofana « Pour le moment, nous sommes à Conakry et périphéries au plan des mesures préventives et éducationnelles. Nous attendons que nous finissions avec les périphéries, avant d’aller vers les autres préfectures et conformément à l’évolution de la maladie nous allons continuer de mener ce combat sur plusieurs phases du point de vue de la sensibilisation et des dons qui vont être multiformes à la longue».

Le moment donc est à la sensibilisation contre Ebola et non au massacre de pauvres bœufs pour conserver un poste.

Bakary Koné

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