La foule en bas du siège de la radio, ce dimanche

Suite à un appel radiodiffusé, ce dimanche 17 novembre, Mandian Sidibé, directeur de la radio Planète, de nombreuses personnes se sont massées devant cette radio. Bloquant par ailleurs la circulation sur l’axe Bambéto-Coza en y posant de gros cailloux au niveau de Bomboly, notamment. Des centaines de personnes sont venues ‘‘soutenir’’ leur ‘‘journaliste’’ qui se dit être victime d’une tentative d’assassinat et d’enlèvement. Notre reporter était là.

C’est aux environs de  15 heures, qu’une foule immense s’est rendue au siège de la radio Planète. Arrivé sur les lieux, un citoyen que nous avons interrogé raconte : ‘‘Des personnes voulaient assassiner Mandian. Certains d’entre eux sont venus en moto, un autre en voiture. Ils ont fui lorsque les gens ont été alertés.’’

Pour en savoir plus, nous avons tendu notre micro à Maimouna Tall, une technicienne de la radio. Elle raconte : ‘‘il y avait deux loubards assis  juste devant une petite boutique en face de la radio. Arrivée juste devant la voiture, j’ai vu là-dedans beaucoup d’argent. Le monsieur a soutiré soutiré la somme qu’il nous devait et quand il me remettait ça, il riait. Il y avait des sacs d’argent. Il y avait deux hommes l’un était en chemise marron très gros et l’autre était sur une moto à côté de la radio.’’

Les propos de la technicienne ne nous démontrent pas la tentative d’enlèvement ou d’assassinat de son directeur. C’est pourquoi nous accroché ce dernier pour en savoir davantage. ‘‘Avant-hier, c’est  la toute première fois que je recevais ce monsieur. Il dit être envoyé par la direction de l’Université IMEC. Il nous a laissé de la publicité pour le compte de cette université. J’ai rencontré cette personne pour la première fois il y a 6 mois chez le président du PEDN, Lansana Kouyaté. Je réitère que le président du PEDN n’a rien avoir dans cette affaire.  Et depuis, la personne à chercher à me côtoyer. Et c’est avant-hier que je l’ai rencontré et il m’a dit qu’il était porteur d’une publicité d’une université de la place. Son attitude ne m’a pas inspiré confiance. J’ai demandé à mon service de sécurité de le fouiller. Ce monsieur fait partie des services secrets de la présidence. Son objectif était de montrer aux personnes qui devaient me tuer de me connaitre physiquement. En pleine émission aujourd’hui, il m’a appelé, j’ai coupé. Après il m’a rappelé et je lui ai dit que je devais rentrer. Il m’a dit de l’attendre et c’était pour lui d’alerter ses complices. Tout ce que j’ai fixé comme prix, il était d’accord. Ce qui m’a paru suspect. Il m’a demandé de descendre avec lui pour prendre l’argent, je lui ai dit de descendre avec Maimouna Tall. Il y avait une fille qui avait remarqué leur mouvement et ils étaient en train de parler au téléphone. Et la fille a compris que les gens voulaient assassiner Mandian. Automatiquement, elle a contourné les lieux et elle est venue m’alerter lorsque je voulais embarquer dans ma voiture. Elle a alerté le service de sécurité pour me dire de ne pas partir. Car il y avait des gens qui veulent m’assassiner. C’est ainsi que je me suis retourné et je suis remonté à la radio. Le chef de cette opération, c’est Ibrahima Konaté,  qui fait partie des renseignements secrets de la présidence de la république. Il est de teint clair et il vient de quitter. Il avait sa voiture garée en face de la radio.  C’est une petite voiture rouge. Je remercie les  populations de l’axe bambéto Cosa et tous les autres qui sont venus à mon secours et à cette fille qui m’a alerté, je dis merc.’’

Du haut du balcon du siège de la radion, Mandian (au centre) salue la foule

Les propos de Mandian étanchent votre soif ? Nous nous sommes toujours à la recherche de la vérité. C’est pourquoi nous avons appelé un des numéros que Mandian a radiodiffusés. Ce numéro est celui d’un responsable de l’université IMEC. Des accusations de Mandian, il n’y comprend que dalle !

« Nous avons pensé confier notre communication à des professionnels de la communication. Et je réfute toutes les accusations de Mandian qui a donné mon numéro à travers les ondes. Je vous invite dans nos locaux pour vous donner plus d’informations. Je lui laisse la responsabilité de ses propos. J’infirme formellement les propos de Mandian. Ce sont des allégations mensongères et je tiens à m’exprimer devant dans nos locaux’’, a dit notre interlocuteur joint au téléphone.

Quand nous quittions la devanture de la radio, la tension était toujours vive. Un militaire de passage a vu son pare-brise cassé par les jeunes en colère. Et la circulation avait cessé sur l’axe Bambéto-Coza.

El Hadj Mohamed Diallo