De retour du Maroc, Sékou Batouta Camara a été réinstallé à la tête de la présidence de la délégation spéciale de la commune de Ratoma. Son déplacement sur le Maroc avait fait couler beaucoup d’encre et de salive, d’autant que son nom est cité dans les événements survenus à
la plage de Rogbanè. Notre reporter  l’a rencontré  pour un entretien, que nous vous invitons à lire…

On a appris beaucoup de choses sur la mairie de Ratoma, concernant votre remplacement par Sékou Traoré, puis votre retour brusque. Que s’est-il passé entretemps ?

Sékou Batouta Camara : Effectivement quand je partais au Maroc, j’ai mis mon premier vice maire monsieur Bah pour assurer l’intérim. Mais ce dernier aussi s’était déplacé alors que je ne n’étais pas encore venu. Alors celui qui a fait savoir que le poste est vacant, c’est celui là que le ministre a mis comme président du conseil. Donc la passation s’est passée entre les deux vices maires. Il est vrai que quand je partais, je n’ai informé ni le gouverneur ni le ministère de l’Administration et de la décentralisation. Quand j’étais au Maroc les gens ont raconté que je ne peux plus marcher. C’est mon pied qui me fait mal. Tu sais les médecins marocains m’avaient  mis dans un fauteuil roulant. C’est là que quelqu’un m’a vu et il a ventilé que je suis paralysé (rire), alors que je peux marcher mille fois. Pendant que je suivais le match Guinée-Ghana au stade au Maroc là-bas. On m’a appelé que je suis paralysé, j’ai dit ‘‘Lahila eh’’ la Guinée. Donc depuis lors certains ont commencé à mener des démarches pour dire que le problème d’intérimaire soit supprimé. Pourtant tous les conseillers me téléphonaient  régulièrement.

En tout cas les rumeurs ont couru comme quoi vous n’êtes plus président de la délégation spéciale de Ratoma ?

On crée les problèmes là où il n’y en a pas. Un directeur d’entreprise même si tu ne l’aimes pas, tu n’aimes pas sa gueule, il n’est pas suspendu, il n’est pas révoqué. Il va en mission d’Etat ou il est malade. Parce que tout le monde tombe un jour malade. Quand il quitte, il n’est pas révoqué de ses fonctions, il n’est pas suspendu. L’administration veut qu’on mette un intérimaire. C’est ce qui a été fait, le papier est là, on a mis un intérimaire. Les gens n’ont pas compris, c’est bien écrit intérimaire. Maintenant si l’intérimaire s’érige en statutaire, d’une façon définitive, je ne comprends pas.

Quand je suis venu, j’ai trouvé ce tohu-bohu là où tout le monde dit le monsieur est d’office maire de la commune. Si j’avais trouvé que ce monsieur qui jouait l’intérimaire a été confirmé, je ne me serais pas engagé. C’est vrai quand suis rentré, j’ai appris à travers la radio comme vous. Mais ce qui est un peu malheureux, j’ai dit à toute la presse privée ou publique, je vous prie  quand il y a des problèmes
sur quelqu’un rencontrez ce monsieur, surtout moi. Pour qu’il vous raconte de quoi il s’agit. Mais ne vous mettez pas sur la place publique pour insulter, comme ce dont je suis victime ces derniers temps. Des injures, du n’importe comment. Les gens se fâchent contre moi, alors qu’ils ne me connaissent même pas. Et je ne les connais pas. C’est ça le problème, j’aurai voulu que les gens s’informent, on leur a menti. Batouta dont-on dépeint, ce n’est pas moi. Ce n’est pas mon genre ça, ce n’est pas mon problème.

Dans l’affaire de la plage de Rogbanè, certains estiment que vous êtes parmi les inculpés ?

Je n’ai jamais été inculpé, moi-même je suis surpris. J’ai demandé au procureur, au juge qu’on raconte que je suis inculpé. Le juge m’a dit que lui même a appris que je suis inculpé. Les juges mêmes ont appris que je suis inculpé, sur internet. Qui a mis ça sur internet. Moi j’ai tout compris qui a mis cela sur internet. Et quand je voyage j’informe tout le monde, je suis surpris de tout ce qui se dit maintenant. J’ai dit et je dis très haut à toutes la presse, il n’y a pas un lieu où je suis en liberté plus que le ministère de la Justice.

Vous étiez au tribunal en temps que quoi ?

Je suis allé au tribunal en tant que témoin. J’ai ma lettre de convocation  N° 132. Dans l’invitation on dit témoin, on m’a entendu comme témoin et non comme accusé.

Vous ne vous reprochez de rien ?

Je ne dis pas que je ne me reproche pas de quelque chose. Cela m’a amené à demander à la justice. Elle m’a dit de rester tranquille, tu n’es pas reproché. Je suis reproché de nulle part. Je ne suis pas un prisonnier. Ils n’ont qu’à tout raconter, je sais que c’est une manœuvre  qui est mise en place, ou bien les journalistes ne sont pas informés ou ils font exprès, donc ils ont une mauvaise vision sur moi.

Ils ne me connaissent pas. Ils ne savent pas ma pensée. Ils ne savent pas ce que j’ai fait. Je n’ai pas de problème mais on fait croire aux radios privées que j’ai des problèmes. Je n’en ai pas, tout va bien avec mes conseillers. Le transfert a été fait hier (ndlr : lundi 5 novembre). Celui qui a été l’intérimaire a parlé, il m’a passé le pouvoir. J’ai aussi parlé en le félicitant, c’est tout. Il vient de quitter  mon bureau, il m’a félicité. C’est un Sékou Ahmed Traoré qui est mon fils, qui est mon frère, que je vais apprécier, que je vais approcher, que je vais aimer, que je vais supporter durant tout le temps que je vais faire ici. Parce que mon premier fils, mon deuxième fils sont plus âgés que lui. Je suis originaire d’ici, je suis un Baga, je suis un pêcheur. Je ne connais que la pêche, après ce problème. Je vais à la pêche même maintenant. Je vais à la pêche. Donc que les gens cessent de s’acharner contre moi parce que qu’ils ne savent pas ce qu’ils doivent faire. Est-ce qu’ils m’ont rencontré ? Ils ont appris des nouvelles. Je suis parti à la justice, on m’a jamais dit que je suis incriminé.

In L’Indépendant, partenaire de guinee7.com

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