Le cœur de l’homme est un composé de bons et mauvais instincts. La famille et la société ainsi que l’éducation que chacun de nous se donne à lui-même développent ces instincts et déterminent notre caractère. On dit de nous un homme bien ou un homme mauvais selon que nos bons ou mauvais instincts dominent dans notre conduite morale. Nos mauvais instincts sont particulièrement stigmatisés dans toutes les religions sous différentes dénominations : sorcier, démon, diable, Satan, Cheytane, Hémistophèlè. On va jusqu’à donner corps et âme à Satan ou au diable comme étant des êtres malfaisants qui rôdent autour de nous toute notre vie, cherchant à tout prix à nous mettre dans leur giron. En réalité le diable n’existe que dans notre esprit, une fois encore c’est le nom que nous donnons à nos mauvais instincts.

Venons-en au cas particulier de Sékou Touré, le premier président de la Guinée indépendante. Comme tout homme Sékou avait ses bons et mauvais instincts mais il a eu à développer à leur maximum les seconds, et parmi ses seconds la soif inextinguible du pouvoir couplée au complexe d’infériorité, il n’a jamais toléré dans son entourage un homme quel qu’il fût qui pouvait lui porter ombrage par son intelligence, son instruction, sa recherche ou son origine. Son ambition n’était pas de développer le pays mais de régner sans partage en écrasant toutes les ressources humaines de valeur. Cette ambition maléfique a été si bien accomplie qu’à la mort du dictateur la Guinée était au bord du gouffre avec une économie exsangue, des millions d’exilés, des milliers de morts dans des prisons surpeuplées dont le sinistre camp Boiro à Conakry était le symbole.

Mais un tyran en fait ne règne pas seul, il utilise des acolytes qui rivalisent de zèle pour implanter et amplifier son pouvoir, des acolytes qui se révèlent à la longue plus royalistes que le roi. On peut citer entre autres dignitaires de triste renom Ismaël Touré, Siaka Touré, Emile Cissé, Karim Keira et Mamadi keïta. Certains de ces dignitaires étaient des intellectuels nantis de diplômes conquis en Europe, qu’à cela ne tienne, ils ont choisi de servir le despote Sékou en épousant ses ambition et méthode de gouvernance centrées sur la cruauté. Une mauvaise foi caractéristique était à la base de leur choix.

Le diable qu’a été Sékou Touré s’en est allé ce 26 mars 1984 dans un hôpital américain, que de gâchis cependant il a  laissés, la Guinée est loin de s’en remettre trente ans après sa mort !

                                          Walaoulou BILIVOGUI in Le Démocrate, partenaire de guinee7.com    

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