Fayimba MARA Doctorant à l’Université Cheichk Anta-Diop de Dakar Juriste Constitutionnaliste

Invité dans l’émission Cartes sur table -Ndimba radio 100.1-, le l’universitaire, Fayimba Mara, s’est prononcé ce mercredi 8 décembre 2021, sur la création de la Cour de Répression des Infractions Économiques et financières (CRIEF). Le juriste pense que la démarche du CNRD est dissuasive.

« Il n’est pas dit que cela va mettre fin aux délits d’enrichissement illicite, le détournement, les escroqueries, le blanchiment des capitaux et tout ce qui s’en suit. Mais c’est une alerte, c’est dissuasif, alors si hier on pouvait faire de détournement dans l’arrogance et on ne se gênait pas de la clameur publique et tout ce qui s’en suit. Avec la création de la CRIEF, si elle fonctionne correctement ça va diminuer l’ampleur du vol, ça va moraliser ce monde-là. Ce n’est pas la Guinée seulement, c’est dans tous les pays du monde on ne peut rien contre ce mal là. C’est un mal de société mais chez nous ici l’ampleur c’est sans commentaire », a expliqué Fayimba Mara.

Plus loin, M. Mara, a expliqué comment le procureur qui sera nommé par les autorités de la transition va fonctionner. « Il va être saisi soit par plainte, soit par dénonciation. Par exemple s’il est saisi par dénonciation, le procureur spécial qui sera nommé par décret bénéficiera d’une compétence rituelle   comme ses pairs procureurs. Il fait procéder à des enquêtes préliminaires par des officiers de police judiciaire après avoir été saisi d’une dénonciation, d’une plainte ou par toute autre voie prévue par la législation en vigueur. Après achèvement de l’enquête préliminaire, s’il y a des indices d’enrichissement illicite, le procureur invite la personne mise en cause. Si les soupçons d’enrichissement illicite sont avérés, le parquet le met en demeure pour qu’il justifie l’origine licite de sa fortune dans un délai qui est déterminé par la loi. Au terme de cette mise en demeure, si la personne mise en cause présente des justifications suffisantes le dossier sera classé sans suite. Dans le cas contraire, le procureur spécial saisit la première section de la CRIEF », a-t-il précisé.

Selon le juriste, la façon de fonctionner de la Cour de Répression des Infractions Économiques et financières (CRIEF) nous rassurera ou pas : « il ne faut pas crier victoire pour dire que la CRIEF va venir régler tous les problèmes. Déjà, il faut reconnaître que la CRIEF qui vient d’être mise en place va traquer les délits d’enrichissement illicite portant sur les deniers publics. Le plus important aujourd’hui, le procureur spécial qui doit être nommé dans un futur proche, aura une mission très délicate du point de vue fonctionnement on a besoin d’une personnalité qui a une moralité exemplaire. »

Thierno Abdoul Barry pour Guinee7.com