Face à la presse ce lundi 22 février, au siège du gouvernorat de la ville de Conakry, Ibrahima Kourouma, ministre de la Ville et de l’aménagement du territoire, s’est exprimé sur l’opération de déguerpissement en cours à Conakry.

Durant ce point de presse, le ministre et certains de ses collègues ont parlé au détail près de cette opération.

Personne n’acceptera qu’on vienne construire un restaurant ou une boutique dans sa cour. Mais on va sur le domaine de l’Etat…

« Chacun de nous vit à Conakry, chacun de nous voit comment certaines constructions se sont développées. Chacun de nous voit clairement comment des gens ont occupé de façon anarchique et anormale des domaines réservés de l’Etat. Mais aussi les domaines que sont les trottoirs et les emprises. La conséquence ou les conséquences, nous les vivons tous les jours. Si vous allez aujourd’hui à Ignace Deen, à Donka, dans n’importe quel dispensaire vous allez, vous trouverez des gens qui ont été fracturés. Tout simplement parce qu’ils marchaient sur le trottoir. Ils marchent avec les motos, les voitures. Tout le monde est sur la chaussée. Deuxième chose que nous vivons, c’est que tous les jours il y a de nouvelles constructions et de nouvelles installations sur les trottoirs. Par conséquent, il n’y a même plus de trottoir. Il n’y a plus d’emprise. Chacun de nous connaît la limite de son domaine. Mais personne n’acceptera qu’on vienne construire un restaurant ou une boutique dans sa cour. Mais on va sur le domaine de l’Etat. Conakry ville moderne est un programme. La modernité passe par l’embellissement ; la modernité passe par la non occupation des domaines, la non occupation des trottoirs et des emprises ».

Devant chez toi n’est pas chez toi ! Derrière chez toi n’est pas chez toi !

« Aujourd’hui il faut remercier les populations. Parce qu’en plus de nos machines, en plus des actions qui ont été faites, partout il y a eu des croix, ce sont les populations mêmes qui cassent. Ce sont les populations mêmes qui sont engagées à libérer. Tout simplement, parce qu’elles savent que l’action entreprise par le gouvernement est une action respectable ; est une action qui va dans l’intérêt de leur pays. Nous ne souhaitons pas venir permanemment casser. Nous souhaitons que chaque Guinéen se dise ici ce n’est pas chez moi. Devant chez toi n’est pas chez toi ! Derrière chez toi n’est pas chez toi ! (…) il faut que nous cultivions cela en nous. Dans les autres pays, il y a l’action du gouvernement comme nous allons le faire mais aussi il y a la mentalité. Nous, nous ne sommes pas différents des autres ».

Il y a de grands embouteillages, pourquoi ? Parce que les emprises ne sont pas libérées

« Nous allons travailler pour que tout ce qui est cassé soit ramassé. Dans le code de la construction, chaque personne est responsable de la devanture de sa porte. Faudrait être en mesure de l’aménager, en mesure de l’entretenir. Ce n’est pas de faire de grands aménagements. Mais que devant chez toi soit propre (…) Tout le temps on dit que Conakry est sale. Le long de toutes les routes, c’est des boutiques, c’est des cafés, c’est des maquis. Les gens viennent, ils prennent un sachet d’eau, ils jettent dans le caniveau. Les gens lavent des assiettes, ils versent sur la route. Tout est bouché. Il y a de grands embouteillages, pourquoi ? Parce que les emprises ne sont pas libérées. Parce que les routes ont été obstruées par les constructions. Quand on dit qu’à Conakry il y a trop de voitures, c’est peut-être vrai. Mais en réalité, les embouteillages sont liés à l’encombrement des voies ».

Nous irons jusqu’au bout

« Cette instruction du président et du gouvernement au ministère de la Ville et de l’Aménagement du territoire, au ministère de l’Administration du territoire à travers le gouvernorat et les maires, nous allons aller jusqu’au bout. Nous irons jusqu’au bout. Et nous sommes heureux de le dire parce que nous avons le soutien de la population. Nous lancerons cet appel tous ceux qui de façon malheureuse souhaiteraient être des récidivistes. Il ne faut pas tenter. Parce que si vous tentez, nous allons revenir détruire. Mais cette fois-ci à vos frais et vous aurez de fortes pénalités ».

Abdou Lory Sylla pour guinee7.com