La nomination de Sidya Touré, président de l’Union des forces républicaines (UFR), au poste de Haut Représentant du président Alpha Condé le samedi dernier, par décret présidentiel, continue d’alimenter la chronique dans  la cité. Car celui qui avait été « pressenti » pour occuper le poste de Premier ministre, suite à son rapprochement avec le chef de l’Etat, se retrouve finalement à un poste taillé sans doute à sa mesure. Une maigre consolation, soutiennent certains observateurs, qui pensent que l’ancien Premier ministre tenait en effet à revenir à ce poste, même s’il ne laisse pas transparaître cela en public. D’autres par contre y voient une sorte de timbale décrochée par le leader de l’UFR, qui a tout l’air d’un vice-président.

Le président de l’UFR Sidya Touré, arrivé au troisième rang lors de la présidentielle du 11 octobre, avec 6,01% des suffrages exprimés, loin derrière Alpha Condé, le vainqueur de ce scrutin avec 57,84% des suffrages exprimés, selon les résultats publiés par la Cour constitutionnelle est désormais dans le giron du président de la République, qui vient de le nommer au poste de Haut Représentant.

Une fonction qui ne figurait pas jusque là dans l’organigramme de la présidence guinéenne, et dont on ignore les prérogatives. On attend de voir les missions qui seront confiées au Haut Représentant du chef de l’Etat, avant de juger de l’envergure de cette fonction.

En attendant cela, il faut noter que la décision alimente les conversations dans la cité. Chacun y va de son commentaire. Si cette nomination de Sidya Touré est saluée par ses partisans, il en est différemment chez ses détracteurs qui trouvent que le président s’est joué de lui, en le gratifiant de ce titre qui à leurs yeux serait vide de sens.

C’est là une maigre consolation pour le leader de l’UFR, qui lorgnait semble-t-il la Primature. Même si Sidya avait tenu à répondre à ses détracteurs dans un discours fielleux, prononcé il ya quelques semaines qu’à son âge, ‘’il ne cherche plus l’argent, plus de place, mais qu’il cherchait un nom’’. Dans ce même discours qui avait fait des vagues, Sidya Touré avait tenu à rappeler ceci : « je déplore que la vie politique en Guinée se résume à ce que Sidya a dit ou à ce que Sidya a fait. Je vais vous rappeler que je suis arrivé comme Premier ministre ici en 1996 à la demande du président Lansana Conté. Je n’ai pas écrit une lettre, je n’ai pas créé un comité, je n’ai pas fait des démarches, je n’ai pas créé un groupe de pression pour demander  à être Premier ministre. J’étais en Côte d’Ivoire et on m’a convoqué pour venir discuter de cette probabilité. Et je l’ai accepté parce que c’était mon pays. Je l’ai accepté à l’époque et pour une seule raison, c’est-à-dire que je venais pour une mission économique essentiellement.  La Guinée était en difficulté et je considérais que de l’expérience acquise à l’extérieur, mes compatriotes avaient besoin de moi pour essayer d’amplifier tout ce qui est bon et de corriger certains disfonctionnements».

Cette sortie était une réponse à ceux qui avaient émis des réserves sur sa  rencontre avec Alpha Condé, le lendemain de la publication des résultats du scrutin. Une rencontre  qui devait ouvrir en quelque sorte la voie à un rapprochement entre lui et le pouvoir.

Et c’est le fait que Sidya Touré membre  de l’opposition républicaine, qui avait été très dure à l’endroit de la majorité présidentielle après le vote, accusant l’administration d’avoir manipulé les urnes, que sa « volteface » a choqué l’opinion.

Une position raillée par ses détracteurs, qu’il a tout de même assumée. Les gens avaient du mal à comprendre que Sidya Touré qui fut le premier à se retirer du processus électoral, après s’être aperçu que le candidat de la majorité présidentielle l’avait emporté dès le premier tour, reviennent soudain reconnaître cette  victoire que les opposants avaient contestée unanimement.

Mais Sidya Touré a justifié sa position en affirmant qu’il n’allait plus cautionner de nouvelles manifestations de rue susceptibles de déboucher sur un décompte macabre, pour les cinq ans à venir. Et qu’il était dorénavant disposé à accompagner le président Condé, pour sa seconde mandature.

Cette nomination au poste de Haut Représentant du président s’inscrit  sans doute dans ce rapprochement entre l’UFR et la mouvance. Un poste que d’aucuns comparent déjà à celui de vice-président. A cette allure, il n’est pas exclu que des cadres issus de son parti, l’Union des forces républicaines (UFR), soient coptés pour meubler le  gouvernement de Mamady Youla.

Mamady Kéita in Le Démocrate, partenaire de guinee7.com

1 COMMENTAIRE

  1. Les jaloux vont mourir, merci alpha condé d’appeler à toutes les compétences qui peuvent à développer le pays