Après avoir rendu sa démission, mardi dernier, de son poste de Haut-Représentant du président de la République, Sidya Touré, le patron de l’Union des forces républicaines (UFR), s’est rendu, ce mercredi 12 décembre, à la Maison de la presse, sise au quartier Coléah, où il est revenu sur les rasions qui l’ont amené à accepter ce poste, son fonctionnement, mais aussi les raisons de sa démission.

De prime abord, il a fait savoir : « Je me suis engagé en politique pour essayer de permettre aux habitants de mon pays, aux populations guinéennes, d’accéder à un niveau de vie meilleur. Je n’ai jamais eu autre intention plus importante que celle-là ».

Plus loin, il explique : « J’ai voulu apporter de l’aide gratuite, que cela soit très bien compris. Pourquoi ? Parce que nous sommes sortis des élections de 2015, dans les conditions que vous connaissez tous, et je n’avais pas seulement l’impression, c’est la réalité, c’est que le pays n’avait pas avancé. Je me suis dit d’accord, nous contestons les résultats, mais de toutes les façons, c’est un mandat final. En 2020, dans quel état va se retrouver la Guinée, si un nouveau chef d’Etat devait être élu ? Est-ce que nous allons continuer à nous disputer, en nous rendant compte que les objectifs élémentaires qui touchent les populations guinéennes, on n’y apporte pas de solutions ? On m’a demandé, à l’époque, beaucoup de choses. J’ai accepté une poste à titre personnel, ce n’est pas l’UFR, c’était moi. Qui consistait à ce que, de par ma connaissance du chef de l’Etat, que je connais depuis 38 ans, que je puisse m’impliquer dans le programme du gouvernement, pour permettre à ce qu’on aboutisse à des solutions acceptables. Je l’ai fait avec toutes les bonnes intentions du monde. Si je me suis trompé, ça c’est mon problème, je l’accepte. »

Il éclaire cependant que : « Comme je ne voulais pas être critiqué sur la question, notamment les rémunérations et autres, j’ai pris bien soin de dire que je ne voulais pas être rémunéré. Même les agents ceux avec qui je travaillais, mon directeur de cabinet et autres, j’avais demandé à ce qu’ils soient payés, quand on m’a dit que l’argent devait être viré à mon compte, j’ai dit : non, vous les appelez, vous les payez comme n’importe quel fonctionnaire, je ne gère pas ce genre de problème ».

Après avoir pris exemple sur, entre autres, l’ex-président sénégalais Abdoulaye Wade, qui a lui aussi intégré un gouvernement dans son pays, il relance que : « Je me suis rendu compte au bout, que cela n’aboutissait pas, pour l’une des raisons les plus importantes qui soient, l’administration guinéenne n’existe pas, elle est complètement  déstructurée ; on ne peut plus, comme nous le faisions à la primature en 96 à 99, prendre un dossier à la base, travailler dessus, le faire monter jusqu’à ce que ça arrive en conseil ministériel. Et une fois que la décision est prise en conseil des ministres, que quelqu’un puisse l’exécuter, qu’il y ait une surveillance dans les délais requis, dans les conditions requises, dans la transparence. Cela actuellement n’est pas possible. Le constat c’est, quand je suis arrivé à ce poste, j’ai commencé à en discuter, maintenant vous me direz pourquoi tout de suite, demain ? Les élections communales sont venues me convaincre qu’il n’y avait même pas de volonté d’arriver à cela. Donc, voilà pourquoi j’ai levé le pied. Il ne s’agit pas de moi en tant personne, ni  de Alpha, ni de Cellou, ni de Kouyaté ou d’Ousmane Kaba. Que faisons-nous pour notre pays ? Je vous assure que quand vous enlevez cela dans le débat, le reste ne m’intéresse plus ».

Abdou Lory Sylla pour Guinee7.com

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