L’arène politique regorge de soubresauts tantôt salutaires, tantôt désespérants. Le vécu négatif de la politique est parfois si élevé qu’on a  peine à voir ou à croire qu’il en existe un vécu positif. En effet, les coups bas, les retournements de veste, les crimes politiques finissent par amener nombre de citoyens à douter et même à se méfier de la politique. Ils la définissent comme l’art de mentir, de tromper, de vivre exclusivement pour des intérêts égoïstes.

J’ai personnellement adhéré à un parti politique, de façon libre et réfléchie, il ya treize ans. L’Union des forces républicaines (UFR) à travers ce que je sais de séduisant et de crédible chez Sidya Touré, le leader. Technocrate aguerri, il est l’un des experts africains auxquels feu président Félix Houphouët-Boigny de Côte d’Ivoire avait recouru pour relancer l’économie de son pays pendant que celle-ci gisait au creux des vagues. Il a été de même appelé d’urgence  par feu général Lansana Conté qui était empêtré avec son régime aux abois après la révolte dans les garnisons militaires de Conakry.

Je sais que Sidya a l’expérience administrative et politique pour remettre la Guinée sur les rails. Le projet de société qu’il prône, le libéralisme à visage humain, est le mieux argumenté parmi tous ceux qu’on propose au peuple de Guinée. Son parti, l’UFR, est très bien structuré, il embrasse toutes les couches socio-professionnelles du pays sans distinction d’ethnie, de religion  ou de région. Toutes ces qualités ou tous ces atouts ont forgé mon choix sur Sidya comme le meilleur leader politique du jour pour qui je me bats aux côtés de mes camarades militants jusqu’à ce qu’il conquiert le pouvoir. Et c’est là seulement que tous les Guinéens, y compris ses adversaires, récolteront au centuple les retombées de sa victoire.

Mais aucun nombre n’étant infaillible, mon leader ne manque pas des fois de trébucher, de faire des faux pas. En la matière le premier faux pas a été l’Alliance Cellou Dalein président qu’il a signée pour aller au deuxième tour de l’élection présidentielle de 2010. J’avais personnellement voté pour l’Alliance, mais au vu de la forte réprobation et des démissions des militants de la Basse Guinée et de la Guinée Forestière, j’ai compris la gravité de la faute commise. Le second faux pas est survenu quand le président Sidya a choisi en 2015 de se rapprocher du pouvoir en acceptant un poste dit Haut Représentant du chef de l’Etat et en faisant entrer au gouvernement un de ses collaborateurs. Il a beau affirmer qu’il assume ses choix, c’est le parti qui en subit les contrecoups au niveau des militants qui ne partagent pas forcément ses choix. Tout le monde sait que l’obstacle majeur à la marche de la Guinée nouvelle n’est pas Cellou Dalein avec son ethno-stratégie, mais bien Alpha Condé qui navigue à vue et laisse l’Etat aller à vau-l’eau.

Reste néanmoins qu’en dépit de ses faux pas, Sidya Touré est à mes yeux ainsi qu’aux yeux de maints Guinéens la solution au problème de la Guinée d’aujourd’hui. Sidya demeure mon leader malgré tout.

Walaoulou BILIVOGUI