A quand la prochaine démission à l’UFR ? Avant Hadja Ngamet Camara, dernière en date à quitter Sidya Touré, il y a eu Makalé Traoré, Briki Momoh, Ousmane Kaba, Rougui Barry, Mwalim Touré, Capi Camara, Togba Zogbélémou, Baidy Aribot, Deen Touré, Aly Doumbouya, Badara Koné,…On passe et il semble que ce soit loin d’être terminé. Que se passe-t-il donc dans ce parti pour que ses cardes les plus éminents décident de s’en affranchir ?

La réponse pourrait se trouver dans les motifs de ces démissions en cascade. Si la plupart sont restés pudiquement discrets sur les raisons de leur séparation avec l’UFR, d’autres ont été plus explicites.

Souvenons-nous des motifs évoqués par Makalé Traoré lors de sa démission en mai 2010. Sa lettre mentionnait comme motif principal : « une confiance fortement ébranlée par une série d’actes posés par (Sidya Touré). »

Elle sera suivie un an plus tard par Ibrahima Capi Camara qui quitta Sidya Touré en juin 2011 au motif qu’« aucune collaboration sincère…n’est envisageable » entre eux. Quant à Badara Koné, il a pris acte de ce que Sidya Touré n’a pas tenu sa promesse de faire cesser les attaques internes contre sa personne et a conclu qu’il « ne partage plus la même hiérarchie de valeurs avec l’UFR ».

Crise de confiance, maque de sincérité, perte de repères. Des mots simples qui veulent tout dire. Ces militants de l’UFR et beaucoup d’autres qui n’ont pas encore franchi le pas, ne peuvent plus se fier à Sidya Touré pour mener leur combat. Comment s’en étonner…

Le Chef est celui qu’on suit parce qu’on sait qui il est et où il va

Il n’est pas aisé de suivre quelqu’un qui est entouré d’une nébuleuse de mystères et de non-dits. Au-delà des mensonges qui ont entouré son identité son âge et ses origines, les choix politiques de Sidya Touré n’ont jamais fait l’unanimité dans son camp.

Alors que son état-major souhaitait rejoindre Alpha Condé au deuxième tour de 2010, Sidya Touré choisit Cellou Dalein Diallo. Alors que tout au long des deux mandats d’Alpha Condé, certains de ses cadres œuvraient pour un rapprochement avec le RPG, il s’est obstiné à entretenir une alliance contre nature avec l’UFDG. Pendant que ses militants se réjouissaient de son poste de Haut représentant du Chef de l’État et en escomptaient des retombées individuelles (comme en avait bénéficié Mohamed Tall), Sidya Touré démissionnait de son poste après avoir récupéré une usine par décret. Et que dire de son état de santé qui depuis plusieurs mois alimente toutes les inquiétudes de ses proches.

Dire que l’UFR est divisée est un euphémisme. Il y a ceux qui n’en peuvent plus d’attendre parce qu’ils constatent que l’histoire politique de la Guinée se construit sans eux. Et puis Il y a ceux qui attendent un changement chez leur chef en espérant un miracle. Reste à savoir lequel.

Abou Camara