A notre micro, Souleymane Keita, conseiller à la présidence de la république, a réagi au retrait de l’organisation internationale de la francophonie (OIF) du processus des élections en Guinée.

Il s’est de prime abord dit étonné, « quand on sait que l’OIF a été sollicitée pour suivre les recommandations de l’audit du fichier électoral, après avoir participé au travail, et c’est à moins d’une semaine du jour du scrutin qu’on trouve des prétextes pour se retirer du processus. Je suis étonné, c’est vrai ! Je reste cependant convaincu ; parce que de toute façon, la participation de la francophonie au processus n’a pas d’impact en terme de caution de validité au scrutin. La CENI est le seul organe en charge d’organiser les élections en Guinée. Et de ce fait là, c’est à elle seule de dire si oui ou non, elle peut aller à une élection. Le reste ce n’est qu’une façon de faire en sorte que tous les acteurs aient la possibilité de regarder le processus afin de garantir la transparence ».

En plus, « je suis d’autant plus surpris, parce que j’ai la note de la francophonie ; on parle du manque d’inclusivité dans le processus électoral. C’est d’ailleurs une exigence de la Francophonie, si j’ai bien lu, que le processus soit inclusif. Mais vous n’oubliez pas que la francophonie a continué à travailler avec la CENI quand les sept commissaires de l’opposition ont décidé de se retirer, le processus a continué. Lorsque l’opposition a annoncé des arguments fallacieux pour justifier leur retrait du processus, l’idée de boycotter l’élection et de l’empêcher, la francophonie est restée et a continué à travailler avec la CENI sur tous les aspects organisationnels. Donc cet argument me parait maladroit, injustifié. C’est cela la vérité. Certainement, il y a d’autres raisons qu’on attend. On verra la suite », a-t-il martelé.

Et d’insister : « c’est extrêmement tardif. On est en moins d’une semaine des élections. Vous n’êtes pas sans savoir que la francophonie a participé à tout le processus. On a même vu le président de la CENI et le représentant de la francophonie co-animer une conférence pour décaler la date pour des raisons techniques. Et c’est en moins d’une semaine qu’on va nous dire que les recommandations ne sont pas prises en compte ; alors que pendant tout ce temps on a fait un travail concerté ensemble. Je pense qu’il faut qu’on soit un peu objectif dans la démarche, qu’on soit cohérent. Je trouve que cette sortie n’est pas cohérente, du tout, du tout, du tout. Si c’était pour des raisons d’inclusivité, l’institution devait faire remarquer cela le jour même où les commissaires se sont retirés, ou du moins quand l’opposition a décidé de ne plus participer. Puisqu’ils parlent d’inclusivité, c’était en ce moment, parce que ce n’est pas inclusif en ce moment-là. »

Ce retrait ne retire-t-il pas aux élection un crédit ? « pas du tout ! Il n’appartient pas à la communauté internationale de valider les élections en Guinée. En Guinée, c’est la CENI qui organise les élections, proclame les résultats provisoires et la cour constitutionnelle valide les élections. Le reste c’est un principe international qui veut que nous laissions la possibilité à tout le monde de regarder notre processus afin de s’assurer du respect des lois électorales. Mais la validité d’une élection n’appartient pas à la communauté internationale, encore moins à la francophonie. C’est à la Guinée, à la CENI et à la cour constitutionnelle de valider ou d’invalidé une élection », répond M. Keita.

Avant de conclure : « Nous, nous restons ouverts. D’ailleurs au niveau du RPG, nous sommes convaincus de notre force et par conséquent, nous sommes disposés à nous conformer à toutes les règles de transparence. Parce que nous savons qu’aujourd’hui, la majorité des populations guinéennes sont acquises à la vision du professeur Alpha Condé. Ça se passe de commentaires. Vous avez vu les sorties (du président) dans les préfectures et à Conakry. »

Abdou Lory Sylla pour Guinee7.com