Condamné à perpétuité, en 2015, par la justice guinéenne, pour complicité dans l’assassinat du journaliste El hadj Mohamed Koula Diallo, au siège de l’UFDG, principale parti de l’opposition, Souleymane Thiangel Sow, ex-responsable de communication dudit parti, a récemment lancé un appel de levée de fonds sur les réseaux sociaux, car il n’est pas d’accord avec le jugement rendu et a l’intention de faire face à la justice.

Mais la question que se posent bon nombre d’observateurs de nos jours est de savoir pourquoi Souleymane Thianguel est-il obligé de procéder par un appel de levée de fonds, au lieu de se tourner vers le parti politique pour qui il communiquait et sous l’égide duquel il a écopé de cette lourde condamnation ?

Joint au téléphone par nos confrères de la radio Espace FM, ce matin, l’ancien chargé de communication de la deuxième force politique de la Guinée, depuis la France, où il réside depuis 2 ans maintenant, est d’abord revenu sur les raisons de la démarche qu’il a entreprise. « Il se trouve que récemment, j’avais postulé pour travailler dans une organisation internationale et les choses se sont bien passées. Evidemment, j’ai été sélectionné et ensuite je suis parti pour commencer à travailler. Mais quelques jours après le démarrage de mon contrat sur place, j’ai été interpellé pour dire qu’on arrêtait mon contrat pour appartenance politique. En fait, je me suis dit que jusqu’à présent, si je pouvais continuer à faire ma vie ici et à travailler tranquillement, dans le but ultime de dire qu’un jour cette affaire-là sera réglée, je me disais que je pouvais continuer tranquillement à faire ce que je fais. Mais si à partir de là où je suis désormais, je ne peux même pas exercer mon métier et que je ne peux pas jouir de mes compétences et de mes expériences dans le domaine qui est le mien, ça veut dire dans ce point de vue-là, que j’ai un gros problème auquel je dois faire face », a-t-il expliqué.

Selon lui, « je ne pourrais pointer à ce jour la responsabilité de qui que ce soit dans cette affaire. Je ne pourrais pas dire que ça serait de l’État ou que ça serait du côté de n’importe quelle autre personne d’ailleurs. Toujours est-il que si au bout du troisième ou quatrième jour de travail, on m’a appelé pour me dire cela, ça veut dire que forcement quelqu’un a appelé. Maintenant, qui a appelé ? Je ne suis pas du genre à porter la responsabilité de quelqu’un quand je n’ai pas les preuves… ».

Parlant des raisons proprement dites qui l’ont poussé à passer par une collecte des fonds pour prendre un avocat, au lieu de se rabattre sur sa formation politique, Souleymane Thianguel a évoqué trois éléments. « Premièrement, ce n’est pas l’UFDG qui est condamné, c’est Thianguel qui est condamné. Donc, à partir du moment où j’estime que les choses sont en train de prendre une tournure et que je dois faire face, il faut que je fasse face… Ensuite, de ce que je sais du président de l’UFDG, il se bat pour que le problème soit réglé, avec les outils et les moyens qui sont les siens… Ça veut dire que tout le monde peut se battre pour aller dans la même direction. Il y a aussi le fait aujourd’hui que l’UFDG et son président constituent un parti politique et une personnalité qui ont des milliers et des milliers de problèmes auxquels ils doivent faire face ».

Pour terminer, l’ex-responsable de communication de l’UFGD a déclaré : « Toute personne qui peut aujourd’hui m’apporter sa contribution, de quelque nature qu’elle soit, pour que le problème soit résolu, je suis preneur de cette solution, en dehors de toute appartenance ou clivage politique. Et d’ailleurs, c’est ce qui me rend fier dans cet appel à contributions, parce que premièrement, les gens ont compris ce qui se passe dans cette affaire, en ayant tous les éléments en mains. Deuxièmement, il y a une mobilisation au-delà de toute appartenance politico-ethnique, où les gens se disent qu’il y a une injustice et cette injustice-là, il faut qu’on travaille tous pour la réparer et pour restaurer à la vérité ».

Mohamed Soumah pour Guinee7.com  

 

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