Ce samedi 4 janvier, au siège de l’UFDG, l’honorable Mariama Tata Bah n’a pas fait de cadeaux au président Alpha Condé. Elle a tout d’abord estimé que « trop c’est trop » sur les tueries. « Dites à ce Burkinabè que les Guinéens ne sont pas des singes. Je vais surtout m’adresser aux femmes, s’il vous plaît, c’est un homme qu’on réveille à 2 heures du matin pour lui dire que tu as eu un enfant mais ce n’est pas une femme. Qu’est-ce que vous attendez pour dire merde à ce monsieur et sa bande » ? lance-t-elle.

Avec un ton élevé, l’honorable enchaîne en ces termes :  « On est fatigué. Il ne s’agit pas de s’asseoir dans la maison pour dire qu’on est fatigué, il ne s’agit pas de rester dans sa chambre pour dire qu’on en a assez. Il faut que la rue parle maintenant. Alpha n’a jamais changé de positions et d’idées. Depuis 2016, j’avais dit ici dans la même salle avec ce même micro : je dis que le Pr. Alpha Condé a une idée bien ficelée et ça c’était quoi ? C’était le changement de la constitution(…). »

Je suis déçue

Ensuite, « quand le feu Gal Lansana Conté avait nommé un ministre qui n’était pas consensuel, mais la Guinée, c’est la nuit-là même que les gens sont sortis comme une personne. Moi je ne pouvais pas imaginer que le Pr Alpha Condé allait annoncer son programme de nouvelle constitution et que nous restions en train de dormir dans nos chambres. Je suis déçue », a-t-elle déploré.

Je m’en fiche

C’est pourquoi, elle exhorte les militants de l’UFDG. « Levez-vous, s’ils veulent, ils n’ont qu’à dire que l’UFDG ou en l’occurrence moi, députée de l’UFDG, je suis en train de prôner un soulèvement. Je m’en fiche. Si on me tue aujourd’hui, on ne me tuera pas demain. Et puis on ne dira pas au bon Dieu de m’envoyer soit dans l’enfer ou bien dans le paradis. Mon nom restera gravé dans l’histoire de ce pays, (…). Il est resté constant, tu peux tout dire d’Alpha Condé sauf qu’il est inconstant, il est resté constant derrière ces égos jusqu’à ce qu’il est assis aujourd’hui à Sekoutoureyah là où il va déguerpir en 2020, dans quelques mois, il va partir d’ici ».

si nous restons assis nous risquons de mordre le doigt jusqu’à l’épaule

« La marche qu’elle soit autorisée ou pas, les petits bois et les baobabs ont tous leur place dans la brousse. Nous devons résister devant l’armée, nous devons résister, l’armée guinéenne nous appartient tous. L’armée est là pour nous, ils peuvent tuer 2,3,4 personnes mais à une certaine limite, ils vont s’arrêter. N’ayons pas peur des gaz lacrymogènes, n’ayons pas peur de ses militaires, c’est de nous, ils sont issus et ils doivent revenir s’ils ne meurent pas dans leur corps. Mais si nous restons assis nous risquons de mordre le doigt jusqu’à l’épaule, je le dis en connaissance de cause », a conclu l’honorable Mariama Tata Bah.

Bhoye Barry pour guinee7.com

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