Souleymane Tchiân’guël Bah, ancien patron de la Communication de l’UFDG, a été ‘‘reconnu non coupable’’ par l’Etat guinéen, dans la mort du journaliste de guinee7.com, Mohamed Koula Diallo, le 5 février 2016, au siège dudit parti. Suite à ce qui ressemble à une volte-face de l’Etat guinéen, nous avons posé des questions à Tchiân’guël par internet.

Des gens bouffées par des ambitions et grisées par une popularité factice ont écumé les médias de notre pays pour me vilipender et associer mon nom à un meurtre  

Guinee7.com : Quels commentaires faites-vous de la « mémoire en défense » de l’Etat guinéen à la Cour de justice de la CEDEAO ?

Souleymane Tchiân’guël Bah : La vérité commence à jaillir. J’ai toujours dit que non seulement j’étais innocent dans cette affaire mais qu’en plus mes droits les plus élémentaires ont été violés, piétinés. Des gens bouffées par des ambitions et grisées par une popularité factice ont écumé les médias de notre pays pour me vilipender et associer mon nom à un meurtre. Aujourd’hui, ils rasent les murs et courbent l’échine pour espérer une écuelle de pardon de ceux qu’ils avaient traités de tous les noms d’oiseaux hier. J’ai été très clair dès le départ : je perdrais peut-être mais je me battrais. Il était hors de question que je baisse le froc pour une accusation farfelue d’un homme perdu et d’une justice clownesque.  Parce qu’il s’agissait bien d’une clownerie qui voit son apothéose dans le caractère loufoque de ce dénouement.

Vous êtes rétabli dans vos droits, votre honneur est lavé ?

Oui, mon honneur est lavé. Mais je n’ai pas encore été rétabli dans mes droits. Parce qu’en attendant, le flou, l’ambiguïté, qu’ils ont entretenus autour de ce “Thianguel” m’ont porté préjudice. Trois années en dehors de mon pays, mes enfants arrachés à leur terre et leurs proches, ma femme jetée sur les routes d’un exil qu’elle n’a pas demandé, des emplois que j’ai perdus, etc. Ces préjudices doivent être réparés.

je préfère aller au bout de ma démarche pour mieux garantir ma sécurité

Quelle va être la suite, c’est la fin de l’exil ?

La suite, mon avocat y travaille. Ce qui est sûr, c’est que je ne suis plus concerné par le jugement. Cela veut donc dire que je peux retrouver, quand je veux, ma patrie, mes parents, mes frères, mes sœurs, mes collaborateurs artistes et journalistes, mes étudiants. Mais, pour l’instant, connaissant la justice dans notre pays, je préfère aller au bout de ma démarche pour mieux garantir ma sécurité. C’est le souhait de mes amis et proches et je souscris à cela. Cette précaution ou plutôt cette mise en garde des miens montre, s’il en était besoin, le niveau de la crise de confiance entre notre justice et le peuple. Alors qu’on devait la voir comme protectrice, on la perçoit comme destructrice. C’est terrible.

deux ans d’enquête et de procès pour nous entendre dire qu’il n’y a pas de coupable, mais un complice fantôme

Votre combat s’arrête là ou vous pensez qu’il faut continuer pour Koula ?

Le combat ne s’arrête pas là pour moi. Koula était journaliste que je connaissais et que j’appréciais, comme beaucoup d’autres journalistes. Le combat pour retrouver son meurtrier doit être mené et je porterai avec Guinée 7 et tous ceux qui voudront s’associer à cette quête de justice. Vous vous rendez compte qu’on a fait près de deux ans d’enquête et de procès pour nous entendre dire qu’il n’y a pas de coupable, mais un complice fantôme, puisque l’état nous dit aujourd’hui qu’il ne sait même pas qui est ce Thianguel censé avoir été complice d’un auteur de crime tout aussi invisible. On a passé des mois à parler d’une supposée tentative d’assassinat sur un homme sans apporter aucune preuve.

On doit savoir qui a tué Koula et en ce moment, seulement en ce moment, mon combat dans cette affaire sera achevé

La vérité sur le meurtre de notre confrère a été sacrifié sur l’autel d’une lutte politicienne. Pendant que les gens se crêpaient le chignon pour la présidence d’un parti politique, l’âme de Mohamed koula se lamentait et errait dans les couloirs de notre justice pour quémander une once de vérité sur ce qui lui est arrivé. Je me suis engagé en politique avec la conviction que notre pays mérite la liberté, la démocratie et la prospérité auxquelles tous les peuples du monde aspirent. Cela ne peut se faire si la justice ne peut pas être rendue au citoyen lorsqu’il est spolié. On doit savoir qui a tué Koula et en ce moment, seulement en ce moment, mon combat dans cette affaire sera achevé.

Interview réalisée par Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com

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