M. Keïta, cadre de l’administration publique, propriétaire d’un hôtel est un proche parmi les proches de Mohamed Ghussein et de Thierno Aliou Diaouné, tous assassinés par des inconnus dans des conditions non encore élucidées. Le 26 février dernier, un employé de M. Keïta, un certain Max M. de nationalité sierra-léonaise, lui présente sa démission suite à une altercation et exige sur le champ le payement de son salaire du mois. « Je ne me promène pas avec le salaire des employés, je n’avais pas prévu ta démission. Tu seras payé dans deux jours c’est-à-dire, à la fin du mois », lui rétorque M. Keïta qui, du coup se rend dans la cuisine.

C’est pendant qu’il était occupé à nettoyer une assiette que Max M., muni d’un couteau du boucher et d’un poignard vient dans son dos pour les lui planter. Il n’eut la vie sauve que par l’intervention rapide d’un autre employé qui, heureusement était là.

Keïta sait que deux de ses proches Mohamed Ghussein et Thierno Aliou Diaouné ont été lâchement assassinés et leurs meurtriers courent toujours. D’ailleurs le suspect no1 de l’assassinat de Mohamed qui, à un moment avait été localisé par la police vers la Sierra-Leone, est une personne qui était hébergée par le père du défunt. Comme quoi l’assassin peut-être dans la maison.

Ayant cela à l’esprit, M. Keïta prend l’affaire très au sérieux et porte plainte contre son employé à l’escadron de Hamdallahi. Ici, il paie le salaire de l’homme contre un reçu de la gendarmerie et exige que justice soit faite pour « tentative d’assassinat sur sa personne ».

L’homme est déféré et jugé au tribunal de Dixinn. Au grand dam du plaignant, l’homme est libéré par le tribunal « sans m’entendre, encore moins entendre un témoin », se plaint M. Keïta pour qui, le tribunal n’a pas respecté le sacro-saint principe du « contradictoire ».  Pire, une affaire criminelle est jugée sans la présence d’un avocat.

Ce 19 mars, Max est revenu chez son ancien patron pour le narguer.

Le moins qu’on puisse dire est que le comportement bizarre du tribunal de Dixinn relance la question de la réforme de la justice tant souhaitée par les autorités mais qui a du mal à s’appliquer. Nous y reviendrons.

Bily Camara

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